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Le bassin de la Seybouse pollué par les déversements industriels

Au Centre comme à l’Est du pays, la pollution industrielle est un sujet crucial toujours d’actualité, soit 16 entreprises industrielles situées dans la zone d’Alger déversaient des déchets liquides et toxiques dans l’oued El Harrach, le lac de Reghaïa. Ces unités ont été visées par une décision de fermeture par le service de la Direction de l’environnement de la wilaya.

Selon ces mêmes services, l’application des décisions de fermeture a touché 16 unités industrielles polluantes de services graissage et maintenance de l’automobile activant dans les zones industrielles de Reghaïa et de Rouïba à l’est d’Alger, révèle-t-on. Le bassin de la Seybouse est confronté à la pollution urbaine, industrielle et agricole. Or, le bassin en question est situé dans la région nord du pays et s’étend sur une superficie de 6.471km² avec une longueur de 240 km, il couvre 86 communes et 7 wilayas, notamment Annaba, El Taref, Skikda, Constantine, Guelma, Souk Ahras et Oum El Bouaghi.

La pollution qui provient des nombreuses usines et zones agricoles a causé indique un rapport des écologistes 4,5 millions de m3 de polluants industriels, qui notamment sont rejetés annuellement dans cette rivière sur lesquels 3 millions de m3 sont des huiles usagées. A ce thème il faut savoir que le bassin de Seybouse comprend 86 unités industrielles parmi lesquelles huit seulement ont leur propre station d’épuration. Il possède aussi deux grands périmètres d’irrigation, à savoir le périmètre de Guelma Bouchegouf 12.900 ha et celui de Bounamoussa 4.500 ha. Deux stations d’épuration sont programmées à Annaba et Oued Zenati, respectivement pour 2008 et 2010 celles-ci traiteront ensemble 180.000 m3/jour. Les grandes usines industrielles les plus polluantes se situent au premier rang, à savoir Arcelor Mittal et Asmidal qui notamment sa production en Ammoniac a atteint les 800.000 tonnes dont plus du 1/3 est exporté vers l’étranger.

Ce produit est excessivement dangereux, son déversement en mer peut inévitablement causer une catastrophe écologique, il est transporté par des navires réfrigérés à – 33°. Du côté de la société Ferphos ayant réussi à produire 1,6 millions de tonnes de phosphate en 2007 dont la production est exporté principalement par le port de Annaba où le risque de pollution en mer est minime jusqu’à présent pour la responsable de la régulation et de la communication de Ferphos, le phosphate est un produit organique, son transport est assuré par des flottes qui n’appartiennent pas à l’usine, il est chargé dans des navires, et en cas de déversements accidentels du phosphore en mer, la faute tombe sur les clients. Or, l’Algérie est un pays à façade maritime et elle n’a nullement échappé au phénomène bien constaté en méditerranée celui de concentration des hommes et des activités sur les zones littorales.

Ainsi, les espaces côtiers algériens sont considérés aujourd’hui comme les plus peuplés du bassin méditerranéen avec plus de 40% de la population algérienne totale sur 1,6% du territoire national et plus de 100 agglomérations de différentes tailles dont trois des quatre métropoles du pays Annaba Alger et Oran. Cette forte littoralisation du peuplement et des activités notamment industrielles a des effets pervers évidents sur les équilibres écologiques et économiques de nos espaces littoraux.

Les niveaux des pollutions marines augmentent de jour en jour dans les zones concernées par les fortes concentrations urbaines et les complexes industriels continuent de jeter leurs rejets. De nombreuses unités polluantes n’ont pas été dotées de systèmes antipollution et pour celles qui l’ont été , leurs équipements de traitement ne fonctionnaient pas correctement . La plupart des ouvrages antipollution sont dans un état de défectuosité telle qu’il n’est même pas permis d’envisager leur réhabilitation. Les effluents liquides chargés le plus souvent de polluants chimiques très dangereux sont rejetés sans aucun traitement dans le milieu naturel. Ils sont responsables de graves pollutions des eaux superficielles, notamment les oueds et barrages des eaux souterraines et des eaux marines.

C’est ainsi que de nombreux barrages sont souvent pollués, cette situation provoque des effets préjudiciables sur l’environnement et sur la santé publique. A cela s’ajoutent les pollutions par les métaux lourds au niveau des oueds Seybouse, Soummam, Chéliff, et Mekerra. Le grand complexe sidérurgique Mittal Steel de Annaba rejette 3.000.000 m3/an d’huile usagé et 36.000 tonnes par an de poussière de limaille de fer, nous a-t-on informé. Dans cette optique il faut souligner qu’il existe des déchets industriels spéciaux (DIS) étant spécifiques de l’activité industrielle qui contiennent en quantité variable des éléments toxiques ou dangereux pour l’homme et l’environnement toxicité chimique ou risque d’explosion. Outre des déchets organiques qui sont notamment des résidus des eaux usées, des matières de vidanges, boues de curage, corps gras et aussi des déchets organiques.

Des marins-pêcheurs exercent dans un littoral pollué
D’après les constatations faites récemment par le représentant du comité des marins-pêcheurs, la côte régionale du chef-lieu de la wilaya de Annaba qui notamment s’étend sur une distance de 80 km avait précise-t-on été accidentellement polluée ces derniers mois. Outre certains actes perpétrés par des personnes pollueurs qui avaient déversé prés de 160.000 litres d’huiles de vidange dans une fosse de 40 mètres et à travers l’oued Seybouse qui de son côté se déverse dans la mer de la région. Dans ce même cadre il y a lieu de relever que l’activité halieutique dans la zone côtière de la wilaya se fait notamment dans des conditions contre aux normes qui devrait être respectés par les professionnels de la mer à savoir la pèche exercée la nuit par certains marin pécheur dans des lieux pollués non surveillés. A cet effet, il à noter que depuis les six derniers mois, la direction de la pêche et des ressources halieutiques a dénombré 29 infractions commises par des pêcheurs qui avaient pêcher dans des zones interdites une certaine qualité de poisson. Or, la pollution qui a été signalée à travers le littoral de la ville d’Annaba, a indiqué les pêcheurs, causé une diminution remarquable du produit halieutique dans la pêche et la vente dans les marchés locales. A noter que la flottille de pêche compte un nombre de 457 embarcations dont 120 sardiniers avec 295 autres métiers pour, estime-t-on, près de 3.000 pêcheurs recensés à travers la wilaya en question.

La Nouvelle République

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