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Gestion environnementale : Le master MEHmed lancé à Constantine 3

La nomenclature des diplômes vient de s’enrichir d’un nouveau titre, en l’occurrence le master de gestion environnementale en Méditerranée. Le lancement pédagogique a été donné en octobre 2020 à l’université Salah Boubnider Constantine 3, après un report dû aux contraintes liées à la conjoncture sanitaire.

«Nous avons pris quelque retard dans son introduction en raison de la pandémie de coronavirus», nous révèle le vice-recteur chargé des relations extérieures et de la coopération, Pr Chaouki Benabbas.  «Nous bénéficions en conséquence de six mois supplémentaires dans le cursus de la formation», ajoute le Dr Latifa Boulahia, coordinatrice du projet.

MEHmed ou Mediterranean Environmental Change Management est un projet, comme son nom l’indique, qui a pour socle expérimental le bassin méditerranéen, dans ses deux rives, Nord et Sud.

«Le bassin méditerranéen est réputé pour sa diversité naturelle, mais aussi pour ses problèmes environnementaux pressants. Les pays de sa rive sud sont particulièrement vulnérables face à ses problèmes, car leur réalité socioéconomique est pleine de difficultés directement liées à leur environnement. Outre les problèmes généraux, tels que la gestion des déchets, la pollution de l’eau et de l’air et leurs effets sur la santé de la population, ces pays ont de graves problèmes liés à la désertification, à la déforestation et aux menaces sur la biodiversité directement causées par les changements environnementaux et ayant de graves conséquences sur leurs économies, en particulier dans les secteurs de l’agriculture et du tourisme. Par conséquent, la gestion stratégique des changements environnementaux sera primordiale pour saisir les opportunités socioéconomiques liées aux changements environnementaux et en minimiser les risques», est-il expliqué en préambule dans la présentation dudit projet, lequel dans un objectif plus large tend à «permettre aux établissements d’enseignement supérieur algériens, marocains et tunisiens d’élaborer et de mettre en œuvre un nouveau programme de master dans le domaine de la gestion du changement de l’environnement en Méditerranée : Master study and Ecosystem Building». 

Transformer le savoir en savoir-faire est désormais l’un des maillons de la stratégie de l’employabilité adoptée depuis quelques années par l’institution universitaire. Inutile donc de préciser que le diplôme de cette post-graduation est professionnalisant.

Des spécialités innovantes

Le projet MEHmed, issu du programme Erasmus+, a pour principal objectif l’élaboration et lancement d’un master international à l’intention des diplômés universitaires intéressés par une spécialisation dans l’analyse et la gestion des problèmes environnementaux, dans les institutions publiques ou privées et des organisations non gouvernementales (ONG).

Dans cette entreprise, 14 institutions font partie du consortium, présidé par l’université de Girone (Espagne), dont 3 universités algériennes (Constantine3, Mostaganem et Bordj Bou Arréridj), trois marocaines et deux tunisiennes. Pour l’autre rive, il s’agit des universités Gérone, Sassari (Italie) et La Sorbonne (France).

Ainsi que  trois agences privées de développement de la recherche universitaire : Wusmed (Agence de communication espagnole),  l’Agence de promotion de la recherche (ANPRS-Tunisie) et l’Institut technologique méditerranéen (ITM-Oran- Algérie). Le programme dudit master tend à apporter des solutions aux problèmes environnementaux spécifiques au bassin méditerranéen qui sont largement communs à tous les pays et partenaires du projet.

Dans cet esprit de multiplier les diplômes professionnalisants, notamment en ces spécialités innovantes susceptibles de booster l’employabilité par le truchement de la création de start-ups, l’université Constantine 3 a entrepris des démarches à l’effet de participer à ce projet, mais sans que cette première initiative soit concluante. «L’université a postulé à ce programme une première fois, mais elle n’a pas été retenue», indique le Pr Benabbas.

Ce revers n’a pas pour autant altéré la volonté  du staff pédagogique (Reflex) pour revenir en lice une seconde fois et rejoindre in fine le consortium. En 2019, elle est dans le projet et entame les multiples procédures pour finaliser le cursus. «Depuis 2019, nous avons eu six workpackage avec le consortium», explique la coordinatrice.

Et de détailler : «Ce sont des activités périodiques, consacrées chacune à une étape du projet. Il a été question du montage, de la coordination entre l’ensemble des universités impliquées, de l’assurance qualité, et du management, entre autres.» Suivront mensuellement d’autres «séances de travail» virtuelles, par «un suivi régulier et instantané de l’évolution du projet».

Ainsi que quatre réunions annuelles. Le financement de ce dernier, un budget de 788 626 euros assuré par l’Union européenne (UE), est centralisé au niveau de l’université de Gérone.

Transfert d’expériences

Tout a été ainsi pensé et défini pour que le concept d’écosystème prenne forme. Selon nos deux interlocuteurs, aucune étape n’a été négligée ou omise. Le projet est effectif en parfaite coordination, sur un plan local, avec les deux autres universités, celles de Mostaganem et Bordj Bou Arréridj.

Le projet est ainsi vulgarisé : «A cette fin, les établissements d’enseignement supérieur de l’Union européenne (UE) transféreront leurs connaissances et leurs expériences des diplômes correspondants aux établissements d’enseignement supérieur des pays partenaires et participeront à l’élaboration en commun d’un nouveau programme conforme aux normes européennes et internationales et aux exigences du marché du travail en vue de préparer les étudiants à l’application de leurs connaissances, aptitudes et compétences dans le domaine de l’environnement et du développement durable.»

Le nouveau master, diplôme qui incarnera ce processus de passage à des pratiques de développement durable, «…adoptera une approche pluridisciplinaire, grâce à la collaboration de diverses facultés et à la participation d’étudiants diplômés de différents domaines universitaires. MEHmed sera développé en collaboration avec différents acteurs publics et privés algériens, marocains et tunisiens du secteur de l’environnement et comprendra un module de stage thématiquement lié aux thèses de maîtrise des étudiants afin d’améliorer les opportunités de l’employabilité.»

Mises en avant de thématiques

L’Agence européenne pour l’environnement conclut dans l’un de ses rapports que «les principaux problèmes des pays du Sud méditerranéen consistent en un traitement des déchets urbains et une gestion des produits chimiques inadéquats… La région méditerranéenne du Sud connaît toutefois une croissance qui se fait aux dépens de l’environnement du fait qu’elle ne dispose ni des conditions économiques ni des technologies requises.»

Les huit universités du programme appartenant à cette rive du bassin ont en commun plusieurs méfaits écologiques, dont les effluents urbains, les déchets solides, l’urbanisation côtière.

D’où l’intérêt des thématiques prédéfinies, mettant en avant la spécificité de chaque région. C’est l’«identité» de cette première promotion qui est composée de 17 étudiants, ayant accompli un cursus universitaire dans diverses filières, dont celle de l’architecture, génie des procédés, aménagement du territoire,  et sciences naturelles et vie (SNV). Tous ont bénéficié, ainsi que le corps enseignant, d’une «introduction au master», soit une mise à niveau.

Leurs profils ont été sélectionnés sur la base de critères de classement, dont le parcours pédagogique auquel vient s’ajouter un entretien. Un brassage dont les éléments sont issus des wilayas de l’Est, à savoir Oum El Bouaghi, M’sila, Constantine et Annaba. Le master en question est à vocation nationale, mais la situation épidémiologique en a décidé autrement, du moins pour cette année.

A l’image de tout projet de haute facture, le master MEHmed a pour vocation la création des moyens durables pour la sauvegarde et la gestion des changements environnementaux et le développement des stratégies scientifiques afin de garantir les concepts de chaîne de valeur des connaissances du programme principal. Un futur «acquis scientifique» pour les institutions et dont le précurseur sera cette promotion «Témoin». 

El Watan

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