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DES LIEUX PUBLICS AMÉNAGÉS SONT À L’ABANDON À AÏN TÉMOUCHENT:Gestion des espaces verts, un casse-tête

Le problème de la non-application des plans de gestion des espaces verts, leur entretien et leur gardiennage avait été déjà soulevé par le président de la commission de la santé et de l’environnement de l’APW de Aïn Témouchent, non sans dénoncer l’utilisation des espaces verts comme décharges sauvages. 

La gestion des espaces verts dans la wilaya de Aïn Témouchent est devenue un véritable casse-tête chinois pour les responsables locaux. Combien d’espaces verts, placettes, jardins publics, etc., ont bénéficié d’opérations d’aménagement et de réhabilitation, en engloutissant des milliards de centimes pour être en fin de compte laissés à l’abandon. Les exemples ne manquent pas.

À Hammam Bou-Hadjar, le jardin public du 8-Mai-1945, qui a fait l’objet de deux opérations de réhabilitation en l’espace de quelques années, est resté fermé au public. Même les visiteurs, les curistes et les touristes qui ont été attirés par les eaux thermales de la cité des bains n’ont pas pu y accéder. Conséquence : cet espace vert n’a pas échappé à la dégradation avec un jet d’eau à l’arrêt. L’espace vert du gigantesque rond-point de la cité Mohamed-Boudiaf menant vers la source thermale de Sidi Ayed vient de bénéficier d’une seconde opération de réhabilitation à coups de millions de dinars pour tenter de sauver son gazon. Les autorités locales ont réussi par contre à sauver le jardin du Petit Vichy en concédant sa gestion à un opérateur privé, même si cet espace n’a toujours pas récupéré sa véritable verdure que l’on lui connaissait dans les années 60 et 70 avec ses nénuphars, quoique sa cascade chaude soit toujours là. À Béni Saf, l’espace vert situé au bas de l’ex-siège de l’APC a fait l’objet d’une opération d’aménagement qui a coûté au trésor public 420 millions de centimes. Sauf que quatre mois après sa réception, cet espace s’est dégradé avec le changement de couleur de sa pelouse.

Dr Benallel Sid-Ahmed, président de la commission de la santé et de l’environnement de l’APW de Aïn Témouchent, avait, rappelons-le, soulevé le problème de la non-application des plans de gestion des espaces verts, leur entretien et leur gardiennage tout en dénonçant l’exploitation des espaces verts situés dans le tissu urbain pour les utiliser comme décharges sauvages. À ce titre, il a suggéré que ces espaces verts soient concédés aux associations à caractère écologique pour leur entretien et leur protection. Dans le même registre, la direction de l’urbanisme, de la construction et de l’architecture a lancé, il y a quelques mois, un vaste programme de réhabilitation des plages. Pour une première étape, ce programme concerne cinq plages, Rachgoun 1 et 2, Bouzedjar où les travaux ont été achevés, Terga et Sbéat (commune de M’saïd). La plage de Bouzedjar a englouti à elle seule 11 milliards de centimes en attendant le lancement des travaux à la plage de Terga pour laquelle une enveloppe de 17 milliards de centimes a été dégagée dans le cadre du Fonds commun des collectivités locales (FCCL). Or la période estivale ne dure que deux ou trois mois et le reste de l’année les plages seront totalement désertées, exposant ainsi ce qui a été bâti à la dégradation.

Lors de la visite du ministre du Tourisme effectuée tout récemment dans la wilaya de Aïn Témouchent, le problème de la gestion des plages a été soulevé aussi bien par les responsables locaux de la commune de Bouzedjar, dont la plage s’est dotée de toutes les commodités nécessaires (sanitaires, douches, kiosques, parkings…), que par Belkadi Rachid, directeur de l’urbanisme et de la construction de la wilaya de Aïn Témouchent. “Le problème, c’est qu’on réalise des projets et on les laisse à l’abandon. Il faut penser à gérer avant de réaliser. Nous sommes en train de dépenser des milliards dans la cadre de la réhabilitation des espaces verts et des placettes, avec la pose de nombreuses parcelles de gazon naturel avant qu’il ne fasse l’objet de dégradation”, a déploré M. Belkadi.

Aussi, il ne s’est pas empêché de lancer un appel pressant aux autorités locales pour l’élaboration d’une procédure de gestion ou de concession à même de sauvegarder les projets achevés et livrés. “S’il n’y a pas d’entretien, ce projet de Bouzedjar, véritable bijou, sera dégradé dans 6 ou 7 mois, car l’expérience nous a appris que l’APC n’est pas apte à gérer cette plage et à sauvegarder cet acquis en raison de ses moyens limités. C’est pourquoi il faut confier la gestion en concession à une entité ou à une association sur une période s’étalant sur 5 ou 6 années au moins afin de garantir une stabilité. Nous avons prévu même une loggia pour un éventuel gardien de la plage”, a-t-il expliqué, en attendant l’élaboration d’un cahier des charges.

À la plage de Bouzedjar, huit plateformes devant accueillir des projets de services des futurs concessionnaires sont prêtes et sont reliées à tous les réseaux. Aussi, après les deux plages Rachgoun 1 et 2 et celle de Bouzedjar, ce sera au tour de Terga de connaître le lancement des travaux d’aménagement en attendant celle de Sbéat, cet endroit vierge et paradisiaque. Elle bénéficiera d’une étude spéciale pour l’équiper de structures légères, tout en préservant son aspect écologique.

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