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LAC SIDI M’HAMED BÉNALI DE SIDI BEL-ABBÈS: Un espace naturel à sauver

Des citoyens rencontrés à proximité sont choqués par l’état d’abandon de ce plan d’eau.
Considéré comme l’un des plus importants espaces environnementaux naturels de l’ouest du pays, ce plan d’eau ne cesse de subir des agressions en tous genres. Horrifiés, des citoyens rencontrés à proximité de ce lieu sont consternés par l’état d’abandon de ce site. Situé dans la commune de Aïn Trid (daïra de Tessala, à 2 km du chef-lieu de la wilaya de Sidi Bel-Abbès), ce lieu de villégiature est délaissé et les espèces d’oiseaux qui y nichent sont menacées.

Selon M. Bahou, chef de bureau à la Conservation de wilaya des forêts, le lac de Sidi M’hamed Bénali est entouré d’un cortège floristique diversifié, 26 espèces d’oiseaux d’eau recensées et une faune, notamment le loup, le chat domestique et le hérisson qui peuplent l’écosystème.

Ce magnifique plan d’eau est aussi l’endroit favori pour les adeptes de la pêche récréative à la ligne et la pratique des activités sportives en plein air. Occupant une cuvette hydrique de plus de 35 ha alimentée en hiver par les eaux de l’oued Mekerra et développée au milieu de terrains agricoles, le lac de Sidi M’hamed Bénali ne cesse de subir des agressions en tous genres qu’on constate au quotidien, à commencer par les comportements néfastes de l’homme.

À ce propos, des citoyens rencontrés à proximité de ce lieu, horrifiés par l’état d’abandon de ce site, déclarent : “Ce plan d’eau naturel est constamment soumis à une forte fréquentation, notamment les stationnements, la circulation bruyante aux abords du plan d’eau, les rejets de déchets issus de pique-nique et la prolifération de vendeurs d’aliments et de boissons qui perturbent la tranquillité de la faune et font fuir les oiseaux. Ailleurs, les gens sont plus respectueux de l’environnement, alors que chez nous, c’est le contraire.

Donc, il est temps que les citoyens, les pouvoirs publics et les associations s’impliquent afin de le protéger de toutes sortes d’agression.” Selon le Dr Reguieg Yessaad Menaouer, membre actif de la société civile et élu APC, “depuis notre jeune âge, on a vécu et suivi les péripéties du lac Sidi M’hamed Bénali qui est la seule fenêtre d’oxygénation pour la population de la ville de Sidi Bel-Abbès, surtout en été, mais il demeure à ce jour délaissé. Ce qui me chagrine, c’est l’incivisme criant de certains visiteurs à l’égard de ce lac, notamment les vols à répétition des bacs à ordures et les dépôts sauvages de déchets.

En ce sens, les autorités locales sont interpellées pour trouver une solution à la gestion et à l’entretien permanent de ce paysage attractif, en lançant un avis d’adjudication pour la location du lac et la création d’un microclimat”.Dans ce sillage, M. Boughrina, directeur de wilaya de l’environnement, a déclaré à Liberté : “Effectivement, comme vous l’avez constaté, lors du confinement (Covid-19), on a remarqué que la nature a repris sa place au lac et il y a même eu la régénération de l’air qui est devenu pur.

Donc, ce havre de paix doit être préservé et exploité en tant que tel, car il joue un rôle important dans l’équilibre environnemental et des écosystèmes. D’ailleurs, dans les années à venir, on va voir le retour du flamant rose dans ce lac et dont la présence dans ces zones est cyclique (tous les 8 ans). Ceci est un indice pour que la nature reprenne sa place pour permettre la réapparition des animaux et des oiseaux qui ont disparu.”

Qualité de l’eau et émissions de polluants dans le lac
Évoquant la qualité de l’eau du lac malgré les déversions des agents polluants dans l’affluent de l’oued Mekerra et le dépôt de remblais juste en amont du deuxième canal qui alimente le lac de Sidi M’hamed Bénali, le directeur des ressources en eau a indiqué que des analyses périodiques des services de l’environnement ont donné de bons résultats : “On est très confiant, car avec la dilution suivie d’opérations de drainage et de travaux de curage, ils n’ont pas influé d’une manière importante sur la qualité des eaux du lac. Aussi, les élus de la wilaya doivent réfléchir afin d’apporter un plus à ce lac.

En ce sens, ils peuvent lancer un avis d’adjudication pour la location du lac et la création d’un microclimat.” Pour sa part, M. Fatmi, directeur de la pêche et des ressources halieutiques, a signalé que le principal point noir c’est le manque d’hygiène autour du lac.

“Cette incivilité ne peut être éradiquée que par un service de gardiennage permanent géré par une institution qui a une véritable capacité financière et les campagnes de sensibilisation. Si cette dégradation du lac continue à sévir, on va perdre ce merveilleux plan d’eau.”

Il s’agit d’un projet d’une enveloppe financière de 280 millions de dinars, dans le but de promouvoir cet espace écologique proposé au classement à la convention internationale Ramsar. Trois walis se sont succédé à la wilaya de Sidi Bel-Abbès mais aucun n’a pu le lancer.

Selon une fiche technique établie en 2011 par la daïra de Tessala, dont nous détenons une copie, le projet de huit lots consiste en la réalisation de différents projets, à savoir des aménagements divers, des infrastructures de mobilité et de promenade, d’hydraulique (jets d’eau d’agrément), de fonctionnement du parc, de plantation et d’amélioration de la biodiversité et de réinsertion, notamment la réhabilitation et l’extension du théâtre de plein air en un plan d’eau d’agrément surmonté d’un belvédère.

“Pour des raisons d’ordre technique, administratif et organisationnel, surtout le non-respect des fiches techniques des lots par certaines entreprises, le projet a été arrêté par le wali, sinon cela aurait été un massacre sur le plan environnemental, car le lac n’avait pas besoin d’un parc citadin mais seulement quelques aménagements légers pour le repos des familles tout en respectant l’environnement, les écosystèmes, la biodiversité et les espaces naturels que recèle ce lac”, a expliqué le directeur de l’environnement.

Et d’ajouter : “Le marché a été soumis à la commission de wilaya des litiges à l’amiable afin de trouver une solution et surtout la révision de l’étude, notamment certains articles selon les aspirations des élus, des associations et de la population, à savoir l’introduction des lots qui sont nécessaires. Pour l’instant, on est à la phase finale et le projet sera relancé en 2021.”

Liberté

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