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La transition énergétique mondiale prendra plus de temps avec l’avènement des ressources non conventionnelles

L’impérative transition mondiale vers les énergies propres devrait prendre plus de temps que prévu en raison de l’émergence des ressources non conventionnelles, a estimé jeudi à Alger, Patrice Geoffron, professeur universitaire et directeur du Centre géopolitique de l’énergie et des matières premières en France.

En dépit des risques environnementaux et les menaces climatiques qui guettent la planète Terre, en raison des gaz à effet de serre, la transition mondiale vers les énergies propres devrait prendre plus de temps que prévu, notamment avec l’avènement des ressources non conventionnelles (gaz et pétrole de schiste), a déploré M. Geoffron.

Il s’exprimait lors d’une conférence, organisée par l’Institut national d’études de stratégie globale (INESG) sous le thème : « les enjeux stratégiques de l’énergie à l’horizon 2050 ».

Les pays du monde sont face à l’obligation de revenir aux niveaux des gaz à effet de serre émis dans les années 1950 mais avec un PIB mondial multiplié par dix (10) et une population multipliée par trois (03) par rapport à cette époque afin de limiter les dégâts du réchauffement climatique, engendré par les gaz à effet de serre, a prévenu l’expert.

M. Geoffron a, dans ce contexte, appelé à la mise en place d’un nouveau modèle pour la création de richesse et renoncer à l’actuel modèle fondé sur les énergies fossiles « même s’il sera couteux, mais l’aspect environnemental doit prôner pour préserver la planète », a-t-il recommandé.

Citant l’exemple de l’Allemagne, M. Geoffron a fait savoir qu’une « grande partie » de l’énergie consommée dans le pays provient encore des centrales à charbon, estimant que les réserves mondiales du charbon sont estimées à trois millénaires (3.000 ans) de consommation, contre deux siècle (200 ans) pour les réserves de pétrole et deux siècles et demi (250 ans) pour celles du gaz.

Au rythme de consommation énergétique actuel, le réchauffement climatique pourrait atteindre plus 6 à 7 degrés à la fin de l’actuel siècle, a mis en garde l’expert, rappelant qu’avec un réchauffement de 1 à 2 degrés actuellement, le climat et l’environnement sont déjà déstabilisés et les effets néfastes sont observés partout dans le monde.

Rappelant l’Accord de Paris sur le climat et les 100 milliards de dollars que les pays à forte émission de gaz à effet de serre se sont engagés à les verser pour la transition énergétiques des pays en développement, M. Geoffron, a reconnait que cet Accord ne règlera pas la totalité du problème, notamment après le retrait des Etats-Unis, donc, uniquement, 80 milliards de dollars sur les 100 prévus devraient être prêts d’ici 2022.

Evoquant les aspects géopolitiques, le professeur a également souligné les changements dans la carte énergétique mondiale, citant l’exemple des Etats-Unis, un pays initialement importateur de pétrole et de gaz et qui devient actuellement exportateur avec ses exploitations de gaz et pétrole de schiste.

S’agissant des perspectives, M. Geoffron prévoit plusieurs scénarios, dont le plus pessimiste est celui de « la persistance chaotique du monde carboné » ou à l’inverse « une entrée régulée dans le monde post-carbone », avec deux cas transitoires, soient « une persistance régulée du monde carboné » ou « une entrée chaotique dans le monde post-carbone ».

Les facteurs politiques, géopolitiques, géostratégiques, technologiques et financiers seront déterminants pour l’ensemble de ces scénarios, a-t-il estimé, en rappelant que les grandes compagnies petro-gazières au monde ont déjà entamé les investissements dans les technologies à bas carbone.

APS

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