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L’Algérie met le cap sur les énergies renouvelables : Ecoles, mosquées… à l’ère de l’énergie solaire

Doucement mais sûrement, l’Algérie met le cap sur les énergies renouvelables, notamment celle du solaire. De 2011, année qui a vu la réalisation de la première centrale solaire, l’Algérie totalise actuellement 22 centrales de production d’électricité à base d’énergie solaire avec une capacité de 400 Mw. Une capacité bien maigre au vu des potentialités que recèle notre pays.

Toutefois, les compétences nationales qui ont acquis un savoir-faire indéniable dans ce domaine, chasse gardée de certains pays développés, autorise tous les espoirs pour réaliser le vaste programme visant la production de 22.000 mégawatts d’énergie renouvelable d’ici 2030. Un projet, certes ambitieux, mais qui avance « lentement » par rapport à l’objectif fixé. Le rythme des réalisations dans le domaine « traine », les investisseurs se font rares dans l’énergie solaire. L’échec du projet Désertec serait la conséquence de ce retard dans la réalisation de l’ambitieux projet que le gouvernement a coché dans sa feuille de route ?

Le projet du consortium «Desertec» a été mis en veilleuse depuis 2014. Son objectif était  «révolutionnaire ».  Outre de répondre aux besoins de l’Algérie, notamment dans certaines régions du pays, en énergie électrique, Il aurait pu produire environ 20% des besoins en électricité de l’Europe à partir de l’énergie solaire captée à partir du sud Algérien. Le méga projet valait 400 milliards de dollars. Le projet est mis dans les tiroirs.  Et également le « rêve » d’exporter l’électricité à plusieurs pays d’Europe qui aurait permis à notre pays » «de diversifier » les recettes en devises, tirées essentiellement à ce jour des hydrocarbures.

Toujours est-il que les certaines infrastructures publiques, telles que les écoles ; les mosquées et les projets relevant du secteur de l’Habitat, sont dotées des équipements fonctionnant à l’énergie solaire. Pas moins de 80 écoles primaires ont été équipées avec des installations à l’énergie solaire durant la rentrée scolaire 2019-2020. L’objectif pour cette année est de réaliser 750 écoles alimentées à l’énergie solaire pour un coût global de 433 millions de dinars. Quelques projets dans le secteur de l’Habitat commencent à voir le jour. A l’occasion de la Journée nationale et arabe de l’Habitat, célébrée chaque 7 octobre, il a été annoncé par Abdelkrim Soltani, directeur de l’Agence foncière de Biskra, le lancement de 3 projets de construction de 64 logements à Biskra, 28 à Ouled Djellel et 30 à Tolga du type participatif et promotionnel qui seront alimentés uniquement en énergie solaire. «Tous les contrats et les cahiers des charges avec les fournisseurs et les installateurs des plaques photovoltaïques ont été signés et ce seront des logements pilotes pour notre wilaya qui bénéficie d’un taux d’ensoleillement exceptionnel», a-t-il fait savoir.

Le secteur des hydrocarbures met lui aussi le cap sur l’énergie solaire. Le Groupe italien  ENI a projeté de réaliser un projet de 350 MW d’énergie solaire en 2019 avec la Compagnie nationale des hydrocarbures Sonatrach. Il était prévu qu’il sera concrétisé en 2019. Ce projet fait partie, du plan de développement de l’entreprise  Sonatrach qui table sur la production de 1.6 GW d’énergie solaire pour l’alimentation de ses installations, qui permettra de préserver 20% de gaz utilisées dans le fonctionnement des installations de la compagnie. L’italien ENI est impliqué dans plusieurs réalisations notamment d’une centrale photovoltaïque d’une capacité de 10 mw au niveau du champ de BRN (Bir Rebaa nord), dans la région d’Ouargla. Le groupe italien table sur plusieurs projets dans le renouvelable en Algérie, afin d’arriver à une capacité de 500 mw. Ces projets réalisés ou en cours de réalisation sont loin de répondre aux « attentes » du gouvernement algérien qui constate que «l’absence d’une stratégie globale, intégrée et claire, a mis à l’écart les efforts consentis dans ce domaine».

Un commissariat aux énergies renouvelables et à l’efficacité énergétique

Aussi, le Premier ministre, Noureddine Bedoui a instruit le gouvernement afin de prendre des mesures urgentes pour l’accélération de l’installation de l’Instance des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique. Noureddine Bedoui, qui est intervenu lors de la réunion du gouvernement tenu en septembre dernier,  a affirmé que «la plupart des réalisations accomplies dans ce domaine, étaient focalisées sur des initiatives sectorielles individuelles, d’où l’impératif de revoir l’approche actuelle ». C’est de là que vient son appel à confier à cette instance des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique, « la mission d’élaborer la stratégie nationale des énergies renouvelables devant regrouper l’ensemble des politiques sectorielles inhérentes à ce domaine, et d’ancrer la culture d’utilisation des énergies renouvelables chez toutes les catégories sociales ».

La nouvelle structure, précise-t-il,  devra aussi mobiliser tous les moyens au profit des universitaires et des diplômés des instituts nationaux pour leur permettre de contribuer à la concrétisation du programme national des énergies renouvelables. Le ministre de l’Habitat, lui, a été chargé d’élaborer un programme national dépendant à 100% de l’énergie solaire en matière d’éclairage public et de veiller à la généralisation graduelle de son utilisation, à travers l’ensemble des structures publiques, notamment dans le Sud et les Hauts Plateaux.

L’instruction du Premier ministre a connu un début d’exécution dès les premiers jours du mois d’octobre. On apprend qu’un projet de décret Exécutif portant création du commissariat aux énergies renouvelables et à l’efficacité énergétique a été adopté lors du conseil de gouvernement qui s’est   tenu, mercredi 9 octobre. « La mise en place d’un tel organe est salutaire, car il réunit tous les éléments qui doivent concourir à propulser le pays vers un avenir serein quant à sa sécurité énergétique grâce aux ressources renouvelables et en léguant également un environnement propre aux générations futures », explique le professeur Noureddine Yassaa, directeur du centre de développement de développement des énergies renouvelables (CDER).

M Yassaa a estimé que « cet organe réglera le problème d’absence de coordination intersectorielle et permettra une mise en œuvre harmonieuse du programme national des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique en mobilisant tous les compétences et moyens dans tous les secteurs ». Selon lui, « le Commissariat, destiné à jouer le rôle de chef d’orchestre, aura pour principales missions de mettre en place une stratégie nationale dans le domaine en coordination avec les secteurs concernés, de contribuer à l’établissement de plans sectoriels et territoriaux et d’évaluer leur exécution». « Il doit aussi s’atteler en priorité à l’élaboration d’une stratégie globale relative à la transition énergétique et proposer les textes de loi permettant de la soutenir», renchérit t-il.

Il est attendu surtout de cet organe l’accélération de la cadence de réalisation afin de rattraper le retard accumulé dans le domaine et d’atteindre, à moyen terme, l’objectif du mix énergétique élevé au rang d’un impératif par les pouvoirs publics.

Alger Hebdo

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