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Boumerdès : Risque de pollution à Cap Djenet

Malgré la pandémie du nouveau coronavirus et ses lourdes conséquences, la gestion des risques majeurs en Algérie se fait toujours comme au bon vieux temps.

A Cap Djenet, 20 km à l’est de Boumerdès, des centaines d’habitants ainsi que des espèces marines, animales et végétales sont exposées aux risques de pollution à cause du non-respect des normes de stockage et de traitement des rejets industriels hautement dangereux.

Le péril, minimisé délibérément depuis deux ans, inquiète au plus haut point les habitants des cités jouxtant les deux stations électriques de la localité, sises à 500m de la plage.

Selon des ingénieurs exerçant dans ces stations, le risque provient des trois grands bassins contenant des produits chimiques toxiques, dont l’ammoniac, le HCL, le Noah, l’acide citrique le surfactant, l’inhibiteur acide, etc.

Ces produits ont été utilisés, selon eux, lors du nettoyage des chaudières, des trois turbines et de la tuyauterie de la nouvelle station électrique (1131mw/j) réalisée récemment par la firme sud-coréenne Daewoo. Inscrit en 2012, le projet, d’un coût global de plus de 82 milliards de dinars, aura connu 4 ans de retard.

Dans une lettre adressée au wali le 6 janvier dernier, un employé au fait du problème alerte sur les dangers de tels produits sur l’environnement et les habitants de la périphérie, appelant les autorités à intervenir avant toute catastrophe. «Ces bassins se trouvent à 20m de la mer sur une surface agricole de 16000m2.

Ils contiennent entre 12 et 15 000m3 de liquides chimiques. Le débit des bassins se réduit au fil des jours et des semaines dans l’indifférence totale des autorités. Le liquide va soit vers la mer et contamine les poissons, soit il s’évapore sous l’effet de la chaleur et empoisonne les oiseaux et autres espèces.

Dès qu’il pleut, ces résidus vont inévitablement retomber sur les champs agricoles et les fruits que nous mangeons», explique-t-il. Selon lui, «il a fallu trois ans de démarches et l’autorisation du ministère de la Défense nationale pour que Daewoo parvienne à faire rentrer les produits chimiques au pays, c’est dire leur degré de dangerosité». «Cette entreprise pourrait plier bagages et quitter le chantier d’ici le mois de juin alors qu’elle n’a encore rien fait pour traiter et transférer ses rejets vers un endroit approprié.

Elle n’a rien entrepris dans ce sens car elle sait que l’opération lui coûtera très cher», souligne-t-il. Très inquiets pour leur santé, certains habitants dénoncent le non-respect des normes de réalisation des trois bassins et les retards pris pour l’élimination des déchets. «Les bassins ont été réalisés en géo-membrane et pas en béton comme l’exige la réglementation, d’où la baisse du niveau du liquide.

Les propriétaires des terrains les abritant n’ont pas été payés depuis 4 ans et ont dû recourir à la justice pour obtenir leurs droits», indique un jeune résidant à 300m de la station électrique.

Aujourd’hui, la pollution du littoral n’exclut pas la contamination de l’eau potable produite par la station de dessalement située à 2km plus loin. En somme, c’est tout l’écosystème local qui est menacé.

El Watan

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