Efficacité énergétique : plus de 193 millions de tonnes de CO2 évitées à l’horizon 2030

Mercredi 13 mars 2019

Le programme national de l’efficacité énergétique (PNEE) permettra une réduction "sensible" des émissions algériennes de gaz à effet de serre, pouvant dépasser 193 millions de tonnes de CO2 à l’horizon 2030, a indiqué mardi à Alger le directeur des projets à l’Agence nationale pour la promotion et la rationalisation de l’utilisation de l`énergie (APRUE).

Selon les explications M. Kamel Dali, lors d’une conférence sur "la maîtrise de l’énergie dans un contexte de transition énergétique", l’Algérie pourra éviter à la faveur de la mise en œuvre du PNEE l’émission de 32,1 millions de tonnes de CO2 en 2020, avant de passer à 95,9 millions de tonnes évitées en 2025 puis 193,3 millions de tonnes en 2030.

Lancé en 2016, le PNEE nécessite des investissements, dont le montant global avoisine 900 milliards de dinars d’ici 2030, d’après les données de l’APRUE chargée de la mise en œuvre de ce programme.

Le financement de ce programme qui devrait générer 180.000 postes d’emploi, sera assuré par l’Etat à hauteur de 54%, souligne M. Dali.

Outre ses vertus sur l’environnement, le PNEE permettra également à l’Algérie un gain cumulé de 63 millions de tonnes équivalents pétrole (TEP) sur la période 2016-2030.

Ce gain pourrait, a-t-il poursuivi, atteindre plus de 70 millions de TEP par l’introduction de appareils d’électroménagers performants (climatiseurs et réfrigérateurs).

Pour l’année 2030, la consommation d’énergie finale serait de 73 millions TEP au lieu de 80 millions TEP, note le même responsable.

Le PNEE vise globalement à maîtriser l’accroissement de la consommation et "d’éviter le décalage entre l’offre et la demande en énergie" si le modèle actuel se maintient, a affirmé M. Dali précisant que l’Algérie enregistre annuellement une moyenne de croissance de consommation de 7%.

D’après les chiffres avancés par le responsable, la consommation énergétique algérienne a évolué de 10 millions TEP en 1976 à 30 millions TEP en 2000 avant de passer à 40 en 2008, puis 60 millions TEP en 2017.

Concrètement, le PNEE s’appuie sur des plans couvrant les secteurs du bâtiment (isolation thermique et éclairage), l’industrie et le transport.

Il prévoit notamment d’intégrer progressivement l’isolation thermique dans les logements neufs et existants, note M. Dali précisant que l’Etat prendra en charge 80% des surcoût induit par l’isolation (mur, toiture, double vitrage).

Ce plan permettra non seulement de contribuer à la généralisation des bonnes pratiques dans la conception architecturale de l’habitat mais aussi de développer une industrie locale des isolants et de promouvoir la création de bureaux d’architectures spécialisés en efficacité énergétique.

Dans le domaine de l’éclairage intérieur, l’objectif est de généraliser l’utilisation des lampes à basse consommation. L’Etat prendra en charge 50% du prix des lampes économiques qui pourront économiser d’ici 2030 près de 19,5 millions de TEP, a avancé M. Dali.

Concernant l’éclairage public, le PNEE vise la substitution de 1,1 million de lampes à mercure, représentant actuellement la totalité du parc national, par des lampes LED.

Il est également prévu de généraliser les chauffe-eau solaires avec un apport de l’Etat fixé à 45% du prix de référence de l’installation.

Dans le secteur des transports, il est prévu de convertir 1,1 million de véhicules au GPLc d’ici 2030, avec un apport de l’Etat de 50% des coûts.

En outre, 11.000 bus devraient être convertis au gaz naturel carburant (GNC), l’Etat assurant 100% des coûts, d’après les données de l’APRUE.

aps

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