Énergie électrique hybride : Une centrale de 50 mégawatts pour le Sud

Lundi 14 janvier 2019

30% de la production énergétique, en Algérie, provient de centrales utilisant des combustibles propres et renouvelables.

« Une production de 50 mégawatts en énergie électrique hybride, conçue d’après une technologie qui associe des énergies renouvelables telles que le solaire et l’éolien, et les combustibles fossiles tels que le gasoil, sera lancée prochainement dans le sud du pays », c’est ce qui ressort des déclarations du président-directeur général de SKTM (Sharikat Kahraba wa Takat Moutajadida), une filiale de Sonelgaz chargée des énergies renouvelables. En effet, Chahar Boulakhras, qui s’est exprimé en marge de la cérémonie d’installation de cadres supérieurs de différentes unités de son entreprise, a affirmé que ces nouveaux projets de valorisation énergétique solaire et éolienne pour la production de l’électricité dans le sud du pays visent à « réduire » la dépendance des centrales électriques du sud du pays de l’énergie fossile et son coût de transport vers ces wilayas.

Il ajoutera que cela permettra de mettre à la disposition des populations des zones les plus reculées « les bienfaits » de l’énergie électrique. « La réduction de la consommation de gasoil des turbines et générateurs de production d’électricité conventionnelle permet inéluctablement de diminuer l’émission de gaz à effet de serre et la pollution », a-t-il affirmé en révélant le lancement imminent d’un appel d’offres pour la réalisation et l’équipement en panneaux solaires des différentes centrales de production d’énergie à base de combustible fossile dans le sud du pays.

Le PDG de SKTM a précisé que le gouvernement a mis en place une stratégie visant à réduire « sensiblement » et « graduellement » les centrales électriques à gasoil. Ainsi, tous les moyens ont été mis en place par les pouvoirs publics afin d’assurer une transition énergétique permettant de passer à une énergie propre. « Il est bon de savoir que la production énergétique en Algérie provient aujourd’hui à 70% des centrales alimentées par les combustibles fossiles comme le gaz et le gasoil, contre 30% émanent de la production d’énergies propres et renouvelables », a-t-il expliqué, non sans signaler dans la foulée, que l’Algérie s’est fixée pour objectif de réduire et renverser « graduellement » cette tendance par des actions « concrètes », basées sur le « développement » à grande échelle des énergies renouvelables et le « renforcement » de l’efficacité énergétique.

Chahar Boulakhras a assuré par ailleurs que les autorités « favorisent » grandement la production nationale et l’intégration du produit local dans la fabrication des panneaux et autres installations photovoltaïques. « Notre défi actuellement est d’assurer la maintenance et la réparation du matériel en cas de panne et la sensibilisation aux bonnes pratiques de pérennisation des projets par leur appropriation par les populations locales », a-t-il également affirmé.

C’est d’ailleurs dans cette perspective que des mesures ont été prises pour que les investisseurs locaux dans le domaine des énergies renouvelables bénéficient de plusieurs privilèges, à l’image du foncier, des avantages fiscaux et des prêts bancaires à taux bonifié. De même, il est prévu que l’électricité produite par les opérateurs privés sera intégrée dans le réseau d’électricité national, permettant ainsi aux investisseurs d’avoir un marché où ils pourront commercialiser leur production.

Il convient de signaler que SKTM, dont le siège social est situé à Ghardaïa, a été créée en 2012 pour prendre en charge la production d’électricité conventionnelle pour les réseaux isolés du sud et des énergies renouvelables au niveau du territoire national. Le parc algérien d’énergies nouvelles et renouvelables cumule, faut-il le rappeler, une puissance installée évaluée à 354,3 mégawatts dont 344,1 MW d’énergie photovoltaïque, produites par 24 centrales et une infime partie, 10,2 MW, d’énergie éolienne produite par une seule centrale. Ces différentes réalisations quoique modestes, confirment la volonté du gouvernement à élaborer une politique énergétique d’avenir et s’inscrivent dans le cadre de la mise en œuvre du Programme national des énergies renouvelables qui prévoit l’installation d’une énergie renouvelable de l’ordre de 22.000 mégawatts à l’horizon 2030.

Ce programme permettra également de répondre aux besoins croissants du marché national en électricité et de préserver les ressources en hydrocarbures.

Elmoudjahid

Partager l'article:


Énergie électrique hybride : Une centrale de 50 mégawatts pour le Sud

Les articles les plus récents dans 00. Actualités

Les articles les plus populaires