Pollution marine par les hydrocarbures : Consolider la coopération intermaghrébine

Mercredi 28 novembre 2018

Plus de 10.000 navires traversent chaque année nos côtes. Certes, ils sont une source de revenus inestimable pour les économies de tous les pays, mais ils sont aussi responsables de la pollution qui risque de provoquer un véritable « désastre écologique » au niveau du littoral maghrébin, en général, et algérien en particulier, estiment les experts.

« L’Algérie, dont les côtes s’étendent sur 1.622 km, est exposée aux risques de déversement d’hydrocarbures et d’autres fuites de substances nocives ou dangereuses » a, en effet, déclaré, la ministre de l’Environnement et des Energies renouvelables, à l’occasion de l’ouverture des travaux de la 5e Réunion des autorités nationales opérationnelles compétentes chargées de la mise en œuvre du Plan d’urgence sous-régional entre l’Algérie, le Maroc et la Tunisie pour la préparation à la lutte contre la pollution marine accidentelle dans la zone de la Méditerranée du Sud-Ouest.

Mme Fatma-Zohra Zerouati a révélé que pas moins de 30% du trafic maritime mondial passent par la mer Méditerranée, ce qui pourrait constituer l’un des premiers risques de pollution de l’eau de mer par des hydrocarbures et des liquides nocifs. « Il convient de noter que 50% des accidents en mer sont liés à des hydrocarbures, alors que 300 accidents ont été enregistrés au cours des 20 dernières années en Méditerranée », a-t-elle encore confié.

A ses yeux, le risque pour que se produise en Méditerranée un événement pouvant être à l’origine d’une pollution massive due aux hydrocarbures reste élevé. « La Méditerranée restera une route importante pour le transport d’hydrocarbures et de gaz. Par ailleurs, d’importantes quantités d’hydrocarbures sont exportées à partir des ports algériens et tunisiens », a-t-elle précisé.

Et pour faire face aux accidents pouvant engendrer une pollution par les hydrocarbures et qui pourraient survenir sur son territoire, l’Algérie a mis en place son dispositif de lutte contre la pollution marine accidentelle dénommé « Tell-Bahr ». Celui-ci a principalement pour but de développer un système rigoureux de prévention, de détection, de surveillance, de contrôle et de lutte contre les pollutions massives accidentelles de la mer. En tant que dispositif efficace, il tient essentiellement à mobiliser en cas de situations critiques les moyens humains et matériels requis pour les opérations de lutte antipollution.

« Ce dispositif repose sur l’institution de plans d’urgence suivants, dont le plan d’urgence national, les plans d’urgence régionaux et les plans d’urgence de wilaya », a-t-on appris lors de cette rencontre.

Poursuivant ses propos, la ministre a mis en exergue l’intérêt que porte notre pays à la question de la lutte contre la pollution marine et passé en revue les différents accords et conventions internationaux adoptés par notre pays, notamment la ratification de la Convention internationale pour la prévention de la pollution par les navires (MARPOL) ainsi que la Convention internationale de 1990 sur la préparation, la lutte et la coopération en matière de pollution par les hydrocarbures (OPRC) .

« La situation actuelle offre la possibilité de renforcer encore la réglementation et de développer des partenariats internationaux, surtout en ce qui concerne le contrôle des accidents et des fuites illégales d’hydrocarbures, dont l’impact affecte sans exception l’ensemble du bassin méditerranéen », a-t-elle souligné. S’agissant de l’accord sous-régional entre l’Algérie, le Maroc et la Tunisie pour la préparation à la lutte et contre la pollution marine accidentelle dans la zone du Sud-Ouest de la Méditerranée, entériné par le décret présidentiel n° 06-302 du 2 septembre 2006, Mme Zerouati a indiqué que ce mécanisme intermaghrébin constitue un instrument opérationnel important pour la consolidation de la coopération pour la préparation et la lutte en cas de pollutions majeures dues aux hydrocarbures qui menacent constamment nos côtes. Les experts ont noté que le ‘‘démazoutage’’ et le déballastage des huiles et lubrifiants des bateaux se pratiquent à proximité du littoral sans contrôle sérieux.

Il est fréquent en effet de constater la présence du gasoil et autres produits hydrocarbures sur les plages, mais heureusement, il n’y a jamais eu de marées noires ni de déversements de produits chimiques spectaculaires près des côtes algériennes, s’est réjoui un des experts.

Elmoudjahid

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