L’essor du programme éolien tributaire de l’amélioration de l’interconnectivité des réseaux électriques

Mardi 6 novembre 2018

La réussite du programme éolien en Algérie doit passer par le développement de l’interconnexion entre les réseaux électriques avec une meilleur maîtrise technologique, ont souligné mardi à Alger des experts et chercheurs du Centre de développement des énergies renouvelables (CDER).

Selon une étude présentée par une responsable au CDER, Ouahiba Guerri, lors de la Conférence internationale sur l’énergie éolienne en Algérie, il a été relevé la nécessité de relier le Réseau interconnecté national (RIN), s’étalant sur le nord du pays, aux réseaux isolés du Sud (RIS) et au Pôle In Salah-Adrar-Timimoun (PIAT) où se trouve le plus fort potentiel éolien en Algérie, et ce, afin d’atteindre les objectifs du Programme national des énergies renouvelables (PNER) visant à produire 5.000 MW à partir des sources éoliennes.

Cette étude, relative aux possibilités d’installer des éoliennes dans le cadre de la mise en oeuvre du PNER, recommande également d’hybrider les centrales du Sud et d’analyser les capacités de connexion de ce type d’énergie par le réseau électrique algérien, a-t-elle ajouté.

Il est, par ailleurs, important d’améliorer les performances technologiques des parcs éoliens en installant des équipements de meilleur qualité et en trouvant des réponses spécifiques à l’environnement algérien aux contraintes constatées dans leur fonctionnement.

D’après les chiffres avancés par Mme Guerri, la durée totale des arrêts des éoliennes au niveau de la ferme de Karberten (Adrar) varie entre 29% et 75%, avec pour causes principales les erreurs de communication, les arrêts de vitesse et les pannes mécaniques.

Dotée d’une capacité de 10 MW, la ferme de Karberten, mise en service en 2014, est actuellement la seule ferme éolienne en Algérie.

"L’expérience de Karberten nous a renseigné sur plusieurs aspects qui doivent être pris en charge par la communauté scientifique, notamment les problèmes liés aux températures extrêmes, l’impact de la poussière désertique sur les turbines, l’intermittence et son impact sur le réseau", a affirmé, de son côté, le directeur général du CDER, Noureddine Yassaa.

Selon lui, le défi consiste à lever les verrous technologiques pour permettre un déploiement important de l’énergie éolienne en Algérie.

Il a aussi relevé l’importance de l’aspect industriel pour la réussite du programme éolien, en impliquant les investisseurs intéressés par le potentiel algérien dans ce domaine et ses applications diverses.

Pour ce faire, une étude est en cours de réalisation par le CDER pour actualiser les données sur les gisements éoliens dans le pays.

"Nous travaillons sur des études visant à affiner nos cartes pour pouvoir démontrer aux opérateurs que nous avons un potentiel très important qui doit être exploité", a-t-il avancé.

Dans ce sens, le responsable d’équipe de gisements éoliens au sein du CDER, Sidi Mohamed Boudia, a expliqué que la nouvelle étude prendra en considération dans l’évaluation du potentiel des nouveaux paramètres, notamment la stabilité du vent, sa vitesse, sa direction mais aussi la topographie et la rugosité du terrain, alors que les anciennes études se basaient essentiellement sur les données climatiques fournies par les stations de l’Office nationale de la météorologie (ONM).

D’autres études technico-commerciales seront menées par la suite afin de définir des projets potentiels de fermes éoliennes à implanter, a-t-il ajouté.

La carte des gisements éoliens, établie par l’ONM en 2014, définit 21 régions à fort potentiel, situées principalement au Sud-ouest et Sud-est.

D’ailleurs, ces régions ont connu la réalisation des premières éoliennes en Algérie.

Durant les années 50, trois éoliennes avaient été installées à Mecheria, Naama et Chott Chergui pour alimenter en énergie les équipements d’alimentation en eau potable et de pompage, selon les archives du ministère chargé de l’hydraulique.

Une autre éolienne avait été installée à Adrar en 1953 qui avait fonctionné pendant 10 ans, avant de mettre en oeuvre l’éolienne Andreau en 1957 au niveau du site des Grands vents à Alger.

A noter que les capacités globales de l’éolien installées dans le monde ont atteint 539.000 MW en 2017, soit plus de 49% des capacités des énergies renouvelables.

Cette énergie à bas coût représente 5,8% de la production mondiale d’électricité.

APS

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