Energies renouvelables : Pour une fluidité financière et logistique

Lundi 13 août 2018

Le décollage du secteur de l’énergie solaire en Algérie passe inexorablement par le développement d’un « écosystème basé sur une fluidité financière et logistique », afin d’arriver à obtenir les prix les plus bas et également attirer beaucoup de gains financiers.

Ce constat, émane de Mouloud Bakli, spécialiste en énergies renouvelables. Relevant une amélioration en termes de qualité et de prix dans le stockage, l’expert recommande d’augmenter le « mix solaire » en première phase, condition sine qua non de la réussite de la transition énergétique. Transition énergétique ou logique énergétique ?

« L’Algérie doit suivre la marche du monde qui engage avec résolution et intelligence sa transition énergétique », commente Mourad Preure, président du cabinet Emergy. Des atouts à en revendre. Un ensoleillement naturel de 3.500 heures au Sud, soit 86% de notre territoire, et 2.650 heures au Nord. Mais cela ne peut suffire en l’absence d’une vision claire et d’une stratégie efficace.

« Nous devons faire de la transition énergétique un challenge industriel, scientifique et technologique. Nous disposons de ressources en silice, ce qui nous permet de fabriquer du silicium, matériau qui constitue les cellules photovoltaïques ». Pour lui, « entrer dans la filière du silicium, c’est entrer par la grande porte dans le XXIe siècle, car le silicium nous emmène aussi dans les semi-conducteurs et donc toute la chaîne de valeur de l’industrie électronique ».

Si d’aucuns estiment que l’Algérie accuse du retard, le ministre de l’Energie a estimé que l’Algérie est sur la bonne voie pour atteindre l’objectif tracé par le chef de l’État, qui est de 22.000 MW d’énergie renouvelable à l’horizon 2030. Ce programme, faut-il le préciser, a été accompagné par l’adoption d’un cadre juridique favorable à la promotion des énergies renouvelables.

Le tout verse dans les incitations multiformes destinées à l’investissement dans l’industrie des énergies renouvelables et leurs usages, mais aussi, la promotion d’une industrie des équipements de production y afférents. En effet, l’Algérie lancera, avant fin 2018, le 1er appel d’offres national, par voie de mise aux enchères, pour la production de 150 mégawatts d’électricité produite à partir des énergies renouvelables, dédié particulièrement aux investisseurs locaux.

Le ministre de l’Energie avait relevé que les capacités de réalisation des énergies renouvelables en Algérie s’élèvera progressivement à mesure que les capacités d’industrialisation augmentent. L’objectif est de créer une dynamique économique efficace dans ce domaine, à travers la mise en place d’un réseau de petites et moyennes entreprises (PME) activant dans chaque processus de production de l’électricité générée à partir de l’énergie renouvelable, de la fabrication des composants, en passant par la production pour arriver à la distribution.

Classée à la 18e place à l’échelle africaine en matière de capacités installées, l’Algérie, soulignait la directrice de recherche auprès du Centre de développement des énergies renouvelables (CDER), Nachida Kasbadji Marzouk, est appelée à dépasser la phase expérimentale et s’engager véritablement dans le développement des EnR, tout en impliquant les secteurs de l’industrie, des transports et de l’habitat dans la promotion de ces énergies vertes.

Fouad Irnatene. El Moudjahid.

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