“Il faut installer un écosystème pour développer l’énergie solaire en Algérie” (MOULOUD BAKLI)

Lundi 23 juillet 2018

L’expert a tenu à rappeler que l’énergie solaire est devenue quatre fois moins chère que le gaz. Selon lui, c’est l’énergie la moins chère au monde.

« Il faut installer un écosystème pour pouvoir développer le secteur de l’énergie solaire en Algérie », c’est la recommandation faite par Mouloud Bakli, spécialiste en énergie renouvelable, lors de son passage, ce jeudi, à l’émission « l’Entretien » de Radio M.

Pour Bakli, arriver à obtenir les prix les plus bas de l’énergie solaire ne se fera qu’à travers le développement d’un écosystème basé sur une fluidité financière et logistique. « Tout l’environnement qui entoure le développement du secteur de l’énergie solaire, doit être fluide pour qu’un écosystème puisse s’installer, à l’instar d’autres pays qui on réussi dans ce domaine, notamment la Jordanie, le Mexique, ou la Tunisie », a-t-il indiqué.

L’expert a tenu à rappeler que l’énergie solaire est devenue quatre fois moins chère que le gaz. Selon lui, c’est l’énergie la moins chère au monde. Même le stockage de cette énergie est en train de s’améliorer en termes de qualité et de prix, a-t-il indiqué. En Algérie, poursuit-il, on pourrait attirer beaucoup de gains financiers si on développe le secteur de l’énergie solaire », avant d’ajouter que c’est le secteur qui génère le plus d’investissement dans le monde.

A propos du projet des 4 gigawatts, qui tarde à voir le jour, Bakli a indiqué qu’en voulant joindre la production d’énergie renouvelable à la production d’équipements, « on a fini par repousser les investisseurs ». « Si on demande à un investisseur de nous fournir de l’électricité au plus bas prix et en même temps de réaliser une usine de production d’équipements pour énergies renouvelables, il vous dira qu’il est incapable de le faire, car les deux secteurs relèvent de métiers différents », a-t-il expliqué.

Pour pallier cette entrave, l’invité de Radio M propose d’offrir des bonus sur le kilowattheure aux investisseurs à condition qu’ils acceptent de se fournir en équipement local. Une manière, selon lui, d’encourager l’industrie locale et de développer le secteur des énergies renouvelables. « En procédant ainsi, nous aurons un retour positif et beaucoup d’investisseurs voudront faire des acquisitions auprès des producteurs locaux et aussi établir des fusions avec les acteurs existants », a-t-il affirmé.

Si cette solution est toujours en discussion pour l’appliquer au projet des 4 gigawatts, selon les déclarations de Bakli, pour le projet des 200 mégawatts, qui va être lancé prochainement, le choix est déjà fait. « Les 200 mégawatts seront réalisés avec des équipements locaux en termes de panneaux solaires, de câbles et de structures de montage. Si cette expérience va réussir, les pouvoirs publics vont remettre la même mise l’année prochaine », assure l’expert.

Par ailleurs, et pour réussir la transition énergétique de l’Algérie, Bakli suggère d’augmenter le ‘’mix solaire’’ en première phase, afin de pouvoir développer la filière et installer l’écosystème du photovoltaïque. « Ainsi on pourra atteindre les prix les plus bas de l’énergie et les pouvoirs publics finiront par abandonner les projets d’énergie classique », a-t-il avancé.

Interrogé sur la volonté de l’Etat de développer et contrôler à lui seul ce secteur à travers des acteurs publics (Sonatrach, Sonelgaz), Bakli s’est dit convaincu que les pouvoirs publics étaient en train de s’ouvrir au secteur privé. « D’après les différents rencontres que j’ai eues avec les gens du ministère de l’Energie, je peux dire qu’ils sont en train de s‘ouvrir de plus en plus au privé », a –t-il affirmé.

NABIL MANSOURI. MAGHREBEMERGENT.

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