Fête de l’indépendance : consolider une souveraineté nationale chèrement acquise

Mercredi 4 juillet 2018

L’Algérie célèbre dans la communion le 56ème anniversaire de l’indépendance, dans un contexte marqué par la mobilisation pour consolider la souveraineté nationale chèrement acquise, à travers un plan de diversification de son économie et d’intenses efforts pour sécuriser ses frontières dans un environnement international et régional instable.

Dans cette optique, le renforcement du front interne s’impose comme une nécessité vitale, d’où l’attachement des plus hautes autorités du pays à conforter la vocation social de l’Etat.

En dépit des tensions financières et budgétaire induites par les soubresauts du marché pétrolier, des centaines de milliers de logements sont livrés chaque année au bénéfice des citoyens et les projets d’infrastructures dans le secteur de l’éducation, de la santé et en matière de développement local ont été relancés.

La politique de soutien direct, comme c’est le cas pour les produits de large consommation, et indirect, pour l’eau, l’électricité, etc. est également maintenue. Une enveloppe budgétaire de 1.760 milliards DA est allouée aux transferts sociaux durant l’exercice 2018, principalement consacrée au soutien aux familles en matière de logement et de santé.

Dans le domaine économique, une feuille de route a été élaborée et mise en oeuvre pour réindustrialiser le pays et le doter d’un outil industriel moderne. Des projets de revalorisation du domaine minier sont également en cours.

Le secteur des hydrocarbures, qui demeurera encore dans les prochaines années la locomotive de l’économie nationale, a bénéficié de programmes destinés à renouveler les réserves et à assurer l’autonomie énergétique du pays, tout en développant les énergies renouvelables et l’industrie de raffinage.

La loi sur les hydrocarbures sera, d’autre part, réaménagée, essentiellement pour ce qui est du volet fiscal, pour attirer davantage les investisseurs étrangers dans ce créneau, tout en sauvegardant les intérêts nationaux, à travers notamment la règle 51/49%.

Le secteur agricole, et son corolaire l’industrie agro-alimentaire, qui ont connu un essor notable ces dernières années, se tournent de plus en plus vers l’exportation.

Pour ce qui est de l’aspect sécuritaire, d’énormes efforts sont consentis pour sécuriser les frontières et prémunir le pays des conséquences des foyers de tension dans des pays de la sous-région et des menaces que constituent le terrorisme et le crime organisé.

Le bilan du premier semestre 2018, fait ressortir 117 terroristes neutralisés. Des quantités considérables d’armes et de munitions ont été également saisies aux frontières par l’Armée nationale populaire (ANP).

L’autre défi auquel fait face l’Algérie réside dans des tentatives de l’inonder de stupéfiants. Les quantités de drogues saisies, depuis quelques années déjà, renseignent sur les efforts déployés sur le terrain pour lutter contre ce phénomène.

La question mémorielle fondamentale pour des relations de confiance entre l’Algérie et la France

Sur le registre de l’histoire et bien que 56 ans soient passés depuis l’indépendance, la question mémorielle demeure l’un des plus importants volets des relations algéro-françaises. Pour l’Algérie, qui a arraché sa liberté au prix d’incommensurables sacrifices et après une nuit coloniale de plus de 130 ans, la question mémorielle constitue "l’axe principal" dans les relations entre les deux pays et le critère à l’aune duquel se construit une "confiance mutuelle".

L’Algérie a fait une demande officielle à la France pour la restitution des crânes des résistants algériens du XIXe siècle et les archives de 1930 à 1962.

A l’occasion de sa visite de travail et d’amitié à Alger le 6 décembre dernier, le président Emmanuel Macron avait fait part de la disposition de la France à restituer les crânes de résistants algériens conservés au Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) de Paris, qui avaient combattu à Zaâtcha (Biskra) l’armée d’invasion française en 1849. Il avait indiqué, aussi, que la France était prête à restituer des copies des archives concernant l’Algérie.

Bien que ces annonces soient positives, la question mémorielle est loin d’être épuisée. Trois commissions mixtes ont été mises sur pied pour examiner et élucider tous les contentieux liés à cette question.

Les discussions sont engagées, notamment, autour de la restitution des archives, l’indemnisation des victimes algériennes des essais nucléaires dans la Sahara algérien et les disparus algériens durant la Guerre de Libération nationale.

Plus généralement, il est attendu de la France, dans une démarche cathartique inéluctable, de reconnaitre les souffrances infligées au peuple algérien et les crimes de guerre et contre l’humanité commis par l’armée coloniale française durant son occupation de l’Algérie.

A travers l’évocation de son passé dramatique à la suite de l’invasion française, le peuple algérien exerce son devoir de mémoire envers ses ancêtres, tombés en résistants, emprisonnés ou déportés, dépossédés de leurs terres et de leurs biens, avait affirmé le président Abdelaziz Bouteflika.

"De tels rappels ne sont porteurs d’aucune haine, même si notre peuple exige toujours une reconnaissance de ses souffrances de la part du colonisateur d’hier, la France, avec laquelle l’Algérie a engagé la construction d’un partenariat d’exception qui se doit d’être mutuellement bénéfique, un partenariat qui gagnera en sérénité et en élan dans une reconnaissance des vérités de l’Histoire", avait-il souligné.

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