Une nouvelle stratégie nationale de biodiversité face aux défis climatiques

Mercredi 12 octobre 2016

La mise en œuvre de la nouvelle Stratégie et plan d’action nationaux pour la biodiversité (SPANB) devrait contribuer à améliorer la résilience de l’Algérie face aux défis liés au changement climatique, a affirmé lundi le ministre des Ressources en eau et de l’Environnement, Abdelkader Ouali.

S’exprimant lors de la conférence nationale de présentation de la SPANB, M. Ouali a souligné que l’actualisation de cette stratégie, qui porte sur l’échéance 2016-2030, devrait constituer "un moteur de création d’emplois et de revenus pérennes et de contribuer à l’amélioration de la résilience de l’Algérie face aux changements climatiques".

Le ministre, qui a rappelé l’évolution remarquable ayant caractérisé le contexte environnemental national et international, a indiqué qu’une révision de la stratégie nationale de biodiversité demeure une nécessité pour permettre à l’Algérie de faire face à cette évolution.

La première stratégie algérienne de biodiversité, initiée en 2011, a permis d’établir un plan global de la biodiversité en Algérie et de faire progresser les connaissances en la matière pour constituer une base de données de référence, selon lui.

Cette stratégie a aussi permis de "renforcer l’arsenal législatif en matière de biodiversité ainsi que la mise en place de nouvelles institutions à l’instar du Centre national de développement des ressources biologiques", a-t-il ajouté.

Toutefois, l’évolution du contexte environnemental national et international ainsi que les pressions exercées sur la biodiversité et les nouvelles orientations de développement économique et social des pays font de la révision de la stratégie actuelle "une nécessité", a expliqué le ministre.

Cette nouvelle SPANB "est le résultat d’un processus participatif et d’une concertation avec l’ensemble des secteurs concernés par la biodiversité", avec la participation de plus de 700 représentants de différents secteurs dans le cadre d’une collaboration avec le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), a expliqué M. Ouali.

Le ministre a, en outre, tenu à souligner que l’Algérie "est parmi les rares pays ayant procédé à la constitutionnalisation du droit à l’environnement" (article 68 de la Constitution révisée).

Une politique globale de riposte face aux défis climatiques

De son côté, le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Abdesselam Chelghoum, a considéré qu’une politique de riposte globale s’impose comme une nécessité impérieuse sans laquelle la résilience de nos écosystèmes continuera à vaciller induisant une plus grande vulnérabilité de l’intégrité et de la pérennité de notre biodiversité.

Dans cette optique, il a affirmé l’engagement de son département ministériel à poursuivre ses efforts en matière de protection de l’environnement par l’amélioration de la résilience écologique notamment dans le cadre du plan national de reboisement, du plan d’action national de lutte contre la désertification et des programmes relatifs à la protection des milieux naturels.

Les actions du ministère de l’Agriculture s’articulent également autour de la prévention et de la lutte contre la dégradation des terres et l’ensablement dans les zones arides et semi arides, ainsi que le renforcement des capacités dans les domaines climatologique et hydraulique parallèlement au renforcement du dispositif d’alerte précoce contre la sécheresse et de veille écologique.

Il a aussi estimé que la mise en place d’un observatoire chargé régulièrement du suivi de la résilience des écosystèmes pourrait être "un atout majeur" dans le cadre de cette politique de riposte.

La représentante-résidente du PNUD à Alger, Mme Randa Aboul-Hosn, a, quant à elle, salué les efforts des acteurs représentant les différents secteurs et groupes d’experts ayant pris part à l’actualisation de la SPANB qui constitue "un processus participatif dont le résultat s’annonce très prometteur".

Selon une présentation faite par un expert du PNUD, la SPANB comprend essentiellement quatre (4) orientations stratégiques réparties sur 21 objectifs nationaux.

Il s’agit de l’adaptation du cadre institutionnel et législatif pour une meilleure prise en charge de la biodiversité, le développement, le partage et la valorisation des connaissances et la sensibilisation sur l’importance de la biodiversité pour un développement durable inclusif, la promotion de la conservation et de la restauration de la biodiversité pour pérenniser et développer le capital naturel algérien et, enfin, le développement des filières clés de la biodiversité pour assurer une production durable des biens et services fournis par les écosystèmes.

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