Des super-calculateurs pour l’amélioriation de la résolution des modèles scientifiques

Vendredi 2 janvier 2015

Noureddine Yassaa

Directeur du Centre de développement des énergies renouvelables (CDER) et professeur à l’USTHB à Alger. Le Professeur Noureddine Yassaa est le point focal en Algérie pour le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). Il a travaillé à l’Institut Max-Planck (Allemagne) aux côtés du prix Nobel de chimie de 1995 Paul Crutzen. Il est membre de comités de revues scientifiques et de groupes d’expertises internationaux. Ses travaux portent actuellement sur le développement durable, les énergies renouvelables et les changements climatiques.

Comment se place notre pays dans les enjeux sur la question des taux d’émission des GES ?

Il faut avant tout préciser que les pays en développement ne sont pas responsables du réchauffement climatique. La Chine, les USA, l’UE et l’Inde représentent à eux seuls 58% des émissions mondiales des gaz à effet de serre (GES). L’Algérie défend le principe de la responsabilité commune et différenciée de la Convention-cadre des Nations unies sur le changement climatique (CCNUCC).

Elle s’associe aux positions du Groupe des 77 et la Chine, du Groupe africain, du Groupe arabe, ainsi que du Groupe du LMDC (les pays en développement avec des vues similaires). Ainsi, la priorité est donnée au développement des capacités d’adaptation aux impacts des changements climatiques, et les mesures d’atténuation ne doivent pas constituer un frein au développement, car elles requièrent des moyens et du savoir-faire technologique.

Il n’y a pas de scénario sur le changement climatique propre à l’Algérie. Pourquoi ?

Les différentes études et scénarios climatiques placent les pays du Sahel, y compris l’Algérie, parmi les pays les plus vulnérables et les plus affectés par les impacts du réchauffement du climat. On peut citer l’intensification des vagues de chaleur, l’accentuation de la sécheresse, l’élévation du niveau de la mer dans le nord du pays et les inondations, mais avec moins d’importance pour notre région. Il est vrai que les conclusions de ces études tirées des modèles climatiques globaux souffrent d’incertitudes quant à l’impact des changements climatiques à l’échelle d’une région, d’une sous-région ou d’un pays « down-scalling ».

Cette faiblesse est soulevée dans le cinquième rapport du GIEC publié en novembre 2014. Cependant, il faut d’abord améliorer l’observation à l’échelle locale et à l’échelle régionale pour pouvoir alimenter les modèles avec les données (inputs) nécessaires. Certains organismes et structures de recherche algériens se doteront prochainement de super-calculateurs pour améliorer et augmenter la résolution de leurs modèles.

Avons-nous pris dans ce sens les bonnes décisions et les bonnes mesures ?

Nous avons pris conscience que bien que le réchauffement climatique soit un phénomène global, des mesures d’adaptation aux impacts du changement climatique ont été prises. Plusieurs stations de dessalement de l’eau de mer ont été mises en service pour faire face à la sécheresse. Un autre exemple où l’Algérie est le leader, c’est le barrage vert pour lutter contre la désertification. La promotion de l’agriculture rurale et les énergies renouvelables sont autant de mesures à encourager davantage.

Des actions ont été menées par l’Algérie pour réduire les GES avec le développement des énergies renouvelables et celui de l’efficacité énergétique, le fonctionnement des centrales thermiques au gaz, la promotion du GPL et du GNL, le transport en commun propre, le renouvellement du parc automobile et la mise en place des centres d’enfouissement techniques.

Interview réalisé par El Watan

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