L’Algérie entend s’inscrire dans cette dynamique, à travers une nouvelle feuille de route climatique à l’horizon 2035, qui prévoit une réduction de 14% de ses émissions grâce à ses propres moyens, avec l’ambition de porter cet objectif à 31% en cas de soutien international suffisant.
Cet engagement figure parmi les principaux axes de la nouvelle Contribution déterminée au niveau national (CDN), déposée en juin dernier auprès de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) et présentée hier par la ministre de l’Environnement et de la Qualité de la vie, Kaoutar Krikou. La nouvelle feuille de route climatique de l’Algérie a été dévoilée lors d’une rencontre nationale organisée au siège du ministère sous le thème : «La contribution déterminée au niveau national… engagement et adaptation pour un environnement durable».
La rencontre a réuni des représentants du ministère des Affaires étrangères, des secteurs et organismes nationaux et onusiens, des membres du corps diplomatique accrédité en Algérie ainsi que des experts et spécialistes du climat. Elaborée dans le cadre d’une commission nationale regroupant plusieurs secteurs et organismes, avec un accompagnement technique international, la CDN 2026 constitue un document de référence fixant les orientations stratégiques et les objectifs sectoriels de l’Algérie en matière de lutte contre le changement climatique. Présentant son contenu, la ministre a indiqué que cette contribution repose sur deux axes majeurs : la réduction des émissions de gaz à effet de serre et l’adaptation aux effets du changement climatique, avec un horizon fixé à 2035.
15 000 mégawatts d’énergies renouvelables
Dans son intervention, Kaoutar Krikou a précisé que l’engagement initial de l’Algérie prévoit une réduction de 14% des émissions de gaz à effet de serre sans condition, en s’appuyant sur les ressources nationales. Elle a toutefois expliqué que ce niveau d’ambition pourrait être porté à 31%, à condition que le pays bénéficie d’un appui international suffisant, notamment en matière de financement climatique, de transfert de technologies et de renforcement des capacités.
La ministre a rappelé, à ce propos, le principe des responsabilités communes mais différenciées, consacré par l’Accord de Paris, estimant que les pays en développement ne peuvent être soumis aux mêmes obligations que les pays industrialisés, dont la responsabilité historique dans les émissions mondiales est différente.
Pour atteindre ses objectifs de réduction des émissions, l’Algérie mise notamment sur la transition énergétique. La ministre a cité, parmi les principales mesures retenues, le lancement d’un programme visant à atteindre une capacité de 15 000 mégawatts d’énergies renouvelables à l’horizon 2035. La CDN prévoit également l’amélioration de l’efficacité énergétique dans les projets de construction, l’accompagnement d’une transformation industrielle à faible émission de carbone, le développement de l’économie circulaire et de l’hydrogène vert. Aussi, elle prévoit une orientation progressive vers l’utilisation de l’énergie électrique ainsi que la réduction des émissions générées durant les phases de production et de transport. Au-delà de la réduction des émissions, la ministre a insisté sur l’importance des mesures d’adaptation face aux impacts du changement climatique, notamment le stress hydrique, les épisodes de sécheresse et les vagues de chaleur.
Alger insiste sur le financement climatique
Dans ce domaine, elle a cité plusieurs actions prioritaires, dont le renforcement de la mobilisation des ressources hydriques à travers la réalisation de barrages, l’intensification des projets de dessalement de l’eau de mer et l’amélioration de la réutilisation des eaux usées.
Selon les chiffres présentés par la première responsable du secteur, l’Algérie dispose actuellement de 19 stations de dessalement de l’eau de mer. Le pays ambitionne également d’atteindre un taux de 30% de réutilisation des eaux usées, conformément aux orientations fixées par les pouvoirs publics. La stratégie d’adaptation comprend également, explique la ministre, le développement de pratiques agricoles mieux adaptées à la sécheresse et aux vagues de chaleur, l’adaptation des infrastructures pour les protéger contre les catastrophes climatiques ainsi que le renforcement de la surveillance sanitaire.
Par ailleurs, Mme Krikou a également mis en avant la nécessité de préserver les forêts, la biodiversité et les écosystèmes, tout en développant une économie davantage fondée sur les principes de circularité.
Elle a insisté sur le renforcement de la gouvernance climatique, de la recherche scientifique et sur l’élargissement de la participation du secteur économique, des jeunes et de la société civile dans la mise en œuvre des objectifs climatiques.
Dans son intervention, la ministre a réaffirmé l’importance du respect des engagements pris par les pays développés en matière de financement climatique, de transfert de technologies et de renforcement des capacités, considérés comme des conditions essentielles pour permettre aux pays en développement d’accroître leurs ambitions.
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