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Énergie solaire : 9,8 milliards $ pour boucler le programme

L’Algérie se prépare au lancement de la deuxième phase de son programme ambitieux de 15 GW d’énergie solaire, et ce, après l’achèvement de la première phase de 3,2 GW d’énergie solaire photovoltaïque début 2027. Les besoins financiers pour la concrétisation de la partie restante, qui est de 11,8 GW de ce programme, sont chiffrés à près de 9,8 milliards de dollars, à l’horizon 2035, selon les données officielles.
Une démarche qui s’inscrit dans le cadre de sa contribution déterminée au niveau national (CDN) pour le climat, dont le document a été déposé, le 2 juin dernier, au niveau du bureau des Nations unies pour le climat. Considérée comme une priorité stratégique, l’Algérie s’efforce de réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre, en visant une contribution des énergies solaires photovoltaïques à hauteur de 28% de son mix énergétique.
Dans ce sillage, la décarbonation du secteur électrique est déjà entamée sur le terrain. L’achèvement de cette opération à l’horizon 2035 permettra à l’Algérie d’économiser d’importants volumes de gaz naturel estimés à plusieurs milliards m3 par an qu’elle pourrait diriger vers le marché extérieur. C’est ce qui explique, d’ailleurs, l’engagement de l’Algérie sur cette trajectoire ambitieuse de déploiement massif des énergies solaires dans le pays, en tirant profit d’un énorme potentiel à valoriser.
Dans le document traçant les grandes lignes de l’engagement du pays pour le climat, l’Algérie affirme qu’elle s’est lancée dans la concrétisation d’un programme national de production à grande échelle des énergies renouvelables. «L’Algérie, par ses propres ressources, est en train de déployer 3,2 GW de centrales solaires photovoltaïques qui sont mises en service progressivement à partir de 2026», lit-on dans le document. Selon les rédacteurs de la CDN en question, la décarbonisation du secteur électrique peut être fortement accentuée dans le cas d’un appui conséquent sur le plan financier, technologique et en matière de renforcement des capacités de production avec «le déploiement de 11,8 GW supplémentaires, afin d’atteindre l’objectif assigné de 15 GW en 2035, dans la perspective d’optimiser le mix électrique en faveur des énergies renouvelables avec le solaire et, dans une moindre mesure, l’éolien», affirme la même source.

L’accès au financement extérieur, une option non négligeable
La concrétisation du programme ambitieux de l’Algérie en matière de production à grande échelle d’énergie solaire nécessite un appui financier et technique de taille. De ce fait, pour soutenir cette démarche entamée depuis 2025, le pays peut se tourner vers le financement extérieur via les mécanismes internationaux, notamment le Fonds vert pour le Climat (FVC), le Fonds pour l’environnement mondial (FEM) et le Fonds d’adaptation et promouvoir des coopérations régionales et bilatérales pour la mobilisation d’un montant de 9 milliards de dollars de financement des futures projets inscrits dans le cadre du programme national de 15 Gw d’énergie solaire, comme le soulignent les rédacteurs dudit document. Ces derniers ont identifié les besoins du pays en la matière avec un accent mis sur «la construction de parcs solaires et éoliens dans les régions à fort potentiel, le renforcement des infrastructures de transport d’électricité, l’intégration de systèmes de stockage, la formation et transfert de compétences, pour un financement requis de 9,84 milliards de dollars», lit-on dans le document en question.
Dans le cadre de cette démarche visant à la préparation du terrain pour le lancement des prochaines phases du programme national des énergies solaires, l’Algérie et l’Allemagne ont déjà relancé, ces dernières semaines, les discussions autour du projet de réalisation d’énormes étendues photovoltaïques dans le sud du pays. Un projet qui pourrait être le premier, dans le cadre d’un partenariat dans le domaine. La partie européenne, l’Allemagne et l’Italie en particulier, s’est montrée, ces dernières années, intéressée par le développement d’un partenariat solide avec l’Algérie dans le domaine des énergies nouvelles et renouvelables. Pour rappel, le pays dispose d’un énorme gisement d’énergies solaires. Un engouement qui se traduit sur le terrain par d’importants projets en cours d’études, comme c’est le cas de Medlink, un câble électrique maritime reliant l’Algérie à l’Italie. Un autre projet similaire reliant l’Algérie à l’Espagne a également été déterré et qui s’ajoute au projet de SoutH2 pour le transport de l’hydrogène en partance de l’Algérie vers l’UE.

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