Lancement du marché volontaire de carbone et du système MRV dans le secteur des déchets est effectif en Algérie, annonce lundi à Alger la ministre de l’Environnement et de la Qualité de vie, Nadjiba Djilali.
Il s’agit du lancement du marché volontaire de carbone et du système de mesure, de rapportage et de vérification (MRV) dans le secteur des déchets, précise la ministre à l’occasion d’un atelier technique
national organisé à Alger.
Le projet AIM-WELL, pierre angulaire de l’initiative
S’exprimant à la cérémonie du lancement de l’atelier, organisée à l’École supérieur d’hôtellerie de Aïn El Benian (ESHA), en présence du ministre de l’Industrie Seifi Ghrib, du président du Conseil économique, social et environnemental, de représentants du PNUD, la ministre précise que «ce projet s’inscrit dans le cadre d’une stratégie nationale ambitieuse visant à poser les bases de l’économie circulaire et à renforcer le
virage écologique durable que connaît actuellement l’Algérie».
Soulignant l’importance de cet évènement, elle soutient que c’est «un projet stratégique qui porte en lui des dimensions environnementales, économiques et sociétales profondes». Le projet AIM-WELL, pierre angulaire de cette initiative, est décrit par la ministre comme «un symbole du changement profond que vit la nouvelle Algérie», «un modèle de développement global, durable et souverain, qui redonne toute sa place à l’environnement et consacre les principes de l’économie circulaire comme choix stratégique national», énonce-t-elle.
Ce programme, étalé sur la période 2023-2028, est mis en œuvre en partenariat avec le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et avec le soutien du Fonds pour l’environnement mondial. «Il vise à établir un modèle local de gestion des déchets basé sur la planification scientifique, la numérisation, l’innovation locale et la participation communautaire».
Constantine et Sétif, des laboratoires pilotes
Nadjiba Djillali révèle que 2 wilayas, Constantine et Sétif, sont retenues pour expérimenter ce modèle, à travers l’élaboration de plans directeurs de terrain précis, fondés sur des relevés environnementaux détaillés et des données collectées sur les volumes de déchets, les points de collecte, les réseaux de transport et les méthodes de traitement utilisées. «Ce travail s’est inscrit dans une approche participative, impliquant les collectivités locales, les entreprises publiques et privées, ainsi que les associations de la société civile», ajoute la ministre.
Sur le plan législatif, la ministre rappelle la révision de la loi 01-19 relative à la gestion des déchets, afin de l’adapter aux exigences actuelles de l’économie circulaire. Cette réforme consacre notamment le principe de responsabilité élargie du producteur, l’éco-conception et la réduction des déchets à la source. Par ailleurs, la numérisation du secteur figure parmi les axes majeurs du projet. Un système intelligent est mis en place pour permettre le suivi en temps réel des camions de collecte, le contrôle des flux et l’analyse des performances environnementales avec précision et transparence.
Insistant sur le rôle fondamental de la jeunesse, Djilali met en avant le soutien aux startups vertes et aux initiatives locales axées sur le recyclage, la production d’énergie et l’innovation environnementale. «Nous avons travaillé à permettre aux jeunes Algériens de s’impliquer activement dans cette transformation écologique, à travers des dispositifs de financement et d’accompagnement technique», énonce-t-elle.
Refonder la relation entre le citoyen et son environnement
La ministre réaffirme également la place centrale de la société civile dans la réussite de cette transition, soulignant sa participation effective à toutes les phases de conception et de mise en œuvre du projet, à
travers des ateliers, des rencontres interactives et des campagnes de sensibilisation. Un modèle reproductible pour tout le territoire national.
En conclusion, Nadjiba Djilali précise que le projet AIM-WELL dépasse la simple gestion intégrée des déchets. Il s’agit d’un projet national qui entend refonder la relation entre le citoyen et son environnement, et inscrire les efforts locaux dans les grands objectifs universels de développement durable. «L’Algérie, forte de la volonté de ses enfants et d’une gouvernance éclairée, possède tous les atouts pour devenir un modèle dans le monde en développement en matière d’économie verte et de transition écologique», explique-t-elle.
Ce projet reflète une vision de l’État algérien visant à transformer les défis environnementaux en véritables opportunités de développement, créatrices de richesses et d’emplois, tout en assurant la souveraineté
environnementale et énergétique à l’échelle locale et nationale.
l’Horizons





