La faune sauvage, la sentinelle des maladies émergentes: La Covid-19 dévoile une vulnérabilité face aux maladies infectieuses

Le 5 juin, coïncidant avec la Journée mondiale de l’environnement, constitue un moment de réflexion et de remise en cause pour chacun de nous. Jamais de par le monde les questions écologiques ne sont pas posées d’une telle acuité comme aujourd’hui.

En Algérie, bien que ces problématiques sont dans leur ensemble de grands chantiers, celles liées à la santé animale, même si elles ne sont pas des moindres, demeurent très mal posées ou pas du tout surtout lorsqu’il s’agit de la santé de la faune sauvage.

Le suivi sanitaire des animaux domestiques, notamment ceux de la rente n’est pas en reste. En l’absence d’un cadre juridique définissant le rôle de tout un chacun, l’élevage de ces animaux continue à se faire au détriment de leur bien-être et celui de l’homme en contact avec eux et qui se nourrissent de leur viande et lait…

Reconnues par les spécialistes comme l’élément-clé de la santé et de l’équilibre des écosystèmes, les espèces sauvages «ont un rôle à la fois de réservoir et/ou de vecteur de maladies ; comme elles peuvent aussi être des sentinelles alertant l’homme de la présence de maladies qui pourraient lui être dommageables», estime Abdelhalim Taïl, médecin vétérinaire.

Selon lui, la réflexion «un seul monde, une seule santé» intègre à la fois l’homme, les animaux domestiques, les animaux sauvages et l’environnement. Dr Taïl ne manque pas de tirer l’attention sur les maladies émergentes humaines, originaires de la faune et de la flore sauvages qui affichent une courbe croissante actuellement.

A présent, la question qui s’impose est de savoir si on peut toujours concevoir de la même façon notre relation avec les animaux sauvages se trouvant dans leur milieu naturel, que celle d’avant la Covid-19 ? «L’actuelle crise constitue un point focal, pour ne pas dire un avertissement qui doit être interpellant, en ce qui concerne, tant la santé animale que la santé humaine», considère Dr Taïl.

De l’avis de ce membre du Collectif pour la refonte et la reconstitution de la profession vétérinaire, la Covid-19 a mis en exergue «une vulnérabilité existentielle et persistante face aux maladies infectieuses».

Elle aurait ainsi valeur «d’exemple et d’exhortation à repenser les contours de la vigilance à travers son aspect biologique», relève-t-il. D’où, selon lui, la nécessité et la pertinence de «repenser la conception de notre relation avec la faune, à travers toute sa diversité», par l’adoption de l’enchaînement qui suit : protéger la faune et la flore, c’est protéger les écosystèmes et protéger les gens et les économies, c’est donc préserver l’avenir planétaire.

Le vétérinaire n’écarte pas la survenue de nouvelles maladies liées à des bouleversements des écosystèmes. «C’est une approche de plus en plus écologique des maladies qui se développe instamment», soutient Dr Taïl mettant en garde contre la résurgence des maladies à l’instar de la variole,  qui, de l’avis de ce vétérinaire, est liée à la libre circulation des biens et des personnes, appelant ainsi à la vigilance.

Cependant, il ne s’agit pas de remettre en cause l’existence des espèces sauvages, des éléments indispensables pour l’équilibre de la nature, fait-il remarquer. A ce titre, notre interlocuteur considère qu’«une réglementation relative à la faune sauvage, en son milieu naturel ou en captivité, notamment celle afférente à sa commercialisation et à sa détention, aura pour objectif la sauvegarde de la biodiversité, tant au niveau national qu’international».

Cette réglementation aura pour mission d’encadrer «l’ensemble des activités pouvant avoir un impact sur la conservation des espèces dans leur milieu naturel», conclut-il.

El Watan

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