Alors qu’ont lieu des négociations pour un futur accord sur le climat à copenhague, les délégations débattent de la promotion du développement durable

Mardi 3 novembre 2009

Quatre jours avant la fin des négociations précédant la tenue à Copenhague, en décembre prochain, d’une Conférence internationale, très attendue, portant sur les changements climatiques, cette question était aujourd’hui l’une de celles qui ont été examinées par la Commission économique et financière (Deuxième Commission) dans le cadre du thème plus large du développement durable. Sous cet intitulé, les délégations ont en effet pris la parole pour parler tant de la question de la protection des forêts et de celle de la préservation de la biodiversité, que de celles ayant trait à la stratégie internationale de prévention des catastrophes et à la promotion des sources d’énergies renouvelables.

À l’occasion de ce débat, auquel ont pris part près d’une trentaine d’intervenants, les délégations étaient saisies de 12 rapports, dont cinq ont été présentés par M. Tariq Banuri, Directeur de la Division du développement durable aux Nations Unies. Mettant l’accent sur la promotion du développement durable, M. Banuri a souligné la nécessité d’investir davantage dans l’agriculture et dans les énergies renouvelables, et il s’est félicité de ce que cette question ne soit plus aujourd’hui une idée « saugrenue ».

Soulignant à son tour l’importance d’établir de nouveaux modèles de production économique et de consommation moins dépendants des énergies fossiles, M. Sha Zukang, Secrétaire général adjoint aux affaires économiques et sociales, a souhaité qu’à l’issue de la Conférence de Copenhague, une réponse mondiale coordonnée et un financement des mesures d’adaptation dont ont besoin les pays en développement soient adoptés et mis en place. Ce point de vue a été relayé par le représentant du secrétariat de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), qui a jugé « insuffisants » les progrès accomplis dans les négociations qui sont en cours à Barcelone, en Espagne, dans le cadre des préparatifs de Copenhague.

Le représentant de la Chine a qualifié « d’enlisement » le point où se trouve la phase actuelle de ces négociations, alors que celui de la Namibie s’est étonné de l’écart qui existe entre les engagements pris par les chefs d’État des pays riches industrialisés lors du dernier Sommet consacré aux changements climatiques, tenu au Siège des Nations Unies le 22 septembre dernier, et l’intransigeance dont font preuve leurs négociateurs à Barcelone.

À l’instar de celles de l’Inde, de la Colombie ou de l’Algérie, de nombreuses délégations ont rappelé la nécessité de respecter le principe de la responsabilité commune mais différenciée. Évoquant, elle aussi, le rendez-vous de Copenhague, la représentante du Soudan, qui s’exprimait au nom du Groupe des 77 et de la Chine, a, à nouveau, appelé les pays développés à se fixer des objectifs ambitieux en ce qui concerne la réduction du niveau de leurs émissions de gaz à effet de serre, et à soutenir les pays en développement face aux effets des changements climatiques. Elle a également estimé que l’aide financière des pays développés, ainsi que la promotion de modes de consommation et de production durables dans ces pays, devaient guider la mise en œuvre du Plan d’Action 21 et des recommandations du Sommet mondial sur le développement durable.

Le représentant de la Suède, qui s’exprimait au nom des pays de l’Union européenne, a concédé qu’une augmentation « graduelle », mais significative de flux financiers publics et privés, est indispensable pour aider les pays en développement à mettre en œuvre leurs stratégies d’adaptation et d’atténuation. L’Union européenne est prête à assumer sa part des efforts mondiaux pour atteindre des objectifs d’atténuation ambitieux, a-t-il ajouté.

Parmi les autres questions évoquées aujourd’hui, figurait celle de la protection de la biodiversité et des forêts, dont l’importance, a estimé le représentant de l’Indonésie qui a pris la parole au nom des pays de l’Association des Nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE), devrait suffire à justifier la mise en place, avec le soutien des Nations Unies, d’un fonds multilatéral et d’un centre international de promotion des technologies énergétiques.

Cette question, a relevé le représentant du Mexique, qui s’exprimait au nom des pays du Groupe de Rio, est liée à la fréquence des catastrophes naturelles qui, rien qu’entre 2000 et 2009, ont provoqué des dégâts estimés à 47 milliards de dollars en Amérique latine et aux Caraïbes, tué 18 000 personnes, et affecté les vies de 46,6 millions d’autres.

La Deuxième Commission poursuivra l’examen des questions relatives au développement durable demain, mardi, le 3 novembre, à partir de 10 heures.

Nations Unies - 02/11/2009

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