Réduction des émissions de gaz à effet de serre : plusieurs efforts engagés par l’Algérie

Jeudi 8 février 2018

L’Algérie a engagé plusieurs efforts pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre, considérées comme le premier facteur du réchauffement climatique, ont indiqué plusieurs experts lors d’une journée scientifique organisée par l’Association algérienne de l’industrie du gaz (AIG).

A cet effet, le conseiller du P-dg de Sonatrach, Fethi Arabi, a rappelé que l’Algérie avait anticipé les conséquences de la surindustrialisation et de la surconsommation énergétique en engageant des actions préventives dès les années 1970.

La compagnie Sonatrach avait déjà, à cette époque, entamé la récupération des gaz torchés de ses installations de production d’hydrocarbures, a-t-il précisé.

A ce propos, il a relevé que grâce à ces actions de préservation de l’environnement dans le cadre d’un développement durable, l’Algérie avait reçu en 2012 le prix du Global Gas Flaring Reduction, organisme relevant de la Banque mondiale, en récompense des efforts et des moyens consentis par Sonatrach en faveur de la réduction des gaz torchés pour la protection de l’environnement.

En effet, plus d’une trentaine de projets de Sonatrach ont largement contribué à la réduction effective des émissions des gaz à effet de serre, parmi lesquels figure celui de la séquestration du CO2 d’In Salah, premier du genre en on-shore, qui a conduit à la récupération de plusieurs centaines de milliards de m3 de gaz associés et à l’élimination tangible du torchage avec un taux qui est passé de 78,6% en 1973 à 9,7% en 2010.

Parmi les actions de prévention menées par Sonatrach, M. Arabi a également cité l’implantation du système de management de l’énergie dans les différents segments de l’activité de la compagnie (aval, amont et transport).

Il a, dans ce sens, rappelé qu’une convention-cadre a été signée en juin 2017 entre l’Agence nationale pour la promotion et la rationalisation de l’utilisation de l’énergie (APRUE) et Sonatrach pour accompagner ses services dans le domaine de l’audit énergétique.

En vertu de cet accord, l’APRUE a formé 113 ingénieurs de Sonatrach pour devenir des auditeurs dans le domaine de l’énergie.

M.Arabi a indiqué que la transition énergétique demeurait au centre des efforts de cette compagnie nationale des hydrocarbures pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre par l’utilisation de sources énergétiques moins polluantes ou propres comme le gaz naturel et le solaire.

Il a, à ce propos, rappelé les projets pilotes engagés par Sonatrach et ses partenaires Total et ENI pour la production d’énergie solaire.

Efficacité énergétique : Une feuille de route pour plus de visibilité

De son côté, le directeur général de l’APRUE, Mohamed Salah Bouzeriba, a affirmé que la future mouture du cadre juridique régissant l’efficacité énergétique comportera un dispositif obligeant l’application des recommandations émises par les audits énergétiques faute de payer amende.

Il a, en outre, relevé que l’Algérie disposait d’une "feuille de route" lui offrant de la visibilité en matière de réduction de gaz à effet de serre et de transition énergétique jusqu’à 2030.

Cette "feuille de route", a-t-il expliqué, s’articule autour de trois secteurs essentiels considérés comme énergivores.

Il s’agit du bâtiment (construire des maisons conformes aux règles de l’efficience énergétique), du transport (généralisation de l’utilisation du GPL) et de l’industrie (utilisation d’électricité provenant du solaire et rationalisation de la consommation énergétique).

Concernant le secteur du transport, il a annoncé que l’Algérie visait la dotation d’un (1) million de véhicules de système GPL/carburants (GPL/c) à l’horizon 2030, 500.000 véhicules en 2021 et de 100.000 véhicules en 2018.

Les 500.000 véhicules à convertir au GPL/c permettent un gain de consommation de l’essence de 1,82 million de tonnes sur la période 2018-2021. M.Bouzeriba a, par ailleurs, souligné que la création d’un marché local d’énergies renouvelables nécessitait le développement d’une industrie nationale capable de produire localement les équipements nécessaires à cette activité.

A ce propos, il a préconisé que l’Algérie ne devrait pas compter uniquement sur les pays développés pour bénéficier du transfert de savoir-faire mais est appelée également à développer sa propre recherche scientifique pour l’acquisition des technologies utilisées dans la production d’énergies propres.

L’Etat, a-t-il ajouté, se doit également d’accompagner les opérateurs désireux investir dans l’industrie des énergies renouvelables.

Pour sa part, la représentante du ministère des Affaires étrangères, Ghalia Benziouch, a rappelé que l’Algérie avait ratifié l’ensemble des accords internationaux visant la réduction de l’émission des gaz à effet de serre et la lutte contre le réchauffement climatique.

Elle a, dans ce contexte, cité la ratification de l’Algérie en 2015 de l’Accord de Paris sur le climat (COP21) dans le but de contribuer à réduire la hausse de la température mondiale, par rapport à la période préindustrielle, de 2 degrés Celsius à la fin du siècle.

La ratification du COP21 permet à l’Algérie de prendre part à une dynamique internationale pour la transition énergétique et la protection du climat, a-t-elle ajouté.

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