Énergies renouvelables : « Le solaire moins cher que le gaz », souligne un expert

Mercredi 17 janvier 2018

« L’électricité générée par l’énergie solaire coûte aujourd’hui beaucoup moins chère que le gaz », a déclaré hier l’expert en énergie solaire, M. Mouloud Bakli.

Convié à s’exprimer sur les ondes de la radio nationale, à propos de la question stratégique de transition énergétique de l’Algérie, cet expert a précisé que le coût du photovoltaïque s’est divisé par six fois, ces dernières années. « C’est devenu une évidence. Dans toutes les rencontres sur l’énergie organisées de par le monde et concernant le solaire, personne ne parle d’un coût de plus de 4 centimes de dollar le kilowattheure (KWH), soit l’équivalent de 3 dinars », a-t-il souligné, mettant en exergue que « les pays ayant déjà mis en place un écosystème, en la matière, peuvent affirmer qu’ils produisent actuellement du solaire à moins de 2 DA le kilowattheure ».

Il faut dire ici que si l’énergie solaire était excessivement cher dans un passé récent, la chute sensible des prix n’est pas venue d’un coup et résulte d’une grande évolution dans le domaine des technologies. Il est à noter également que selon les explications fournies, « la baisse du prix de ce type d’énergie — par la rapide évolution des technologies devenues plus efficaces et beaucoup moins chères — ont amené des pays, à l’exemple de la Chine, à développer des projets solaires de plus de 1.000 mégawatts de production annuelle ».

« Les panneaux solaires sont très fiables »

L’autre point extrêmement important concerne les panneaux solaires qui sont, assure-t-il, avec force d’arguments, « très fiables ». M. Bakli, qui fait référence aux nombreuses études menées, notamment, par des chercheurs de renom, allemands, chinois et japonais, et consacrées à la fiabilité des panneaux solaires, indique que « l’on peut aujourd’hui garantir un panneau pour 25 ans » et que « les panneaux qui sortiront d’ici une année auront une garantie de 35 ans » ; c’est dire le progrès constant enregistré en la matière. Du point de vue de cet expert, « on aurait mieux à faire à substituer, progressivement, l’énergie solaire de celle tirée du gaz naturel et à transformer celui-ci aux fins d’exportation, ce qui permettrait à la Sonelgaz de réduire ses subventions et, parallèlement, de générer une quarantaine d’emplois par mégawatt produit ».

En réponse à une question relative au « retard accusé par le pays en matière de reconversion énergétique », M. Bakli estime que ce dernier « est parfaitement rattrapable ». Aussi et tout en se référant aux 385 MW déjà installés, il soutient que ces derniers constituent, en fait, « une étape d’apprentissage aux technologies de l’énergie photovoltaïque ». Poursuivant ses propos, l’invité de la rédaction qui évoquera de nombreuses expériences lancées à travers le monde, propose de confier l’essor de ce type d’énergie à des entrepreneurs privés, et citera, dans ce contexte, l’exemple de l’Inde qui est, aujourd’hui, considérée comme le numéro 3 mondial en matière d’exploitation du solaire « à raison de 6 gigawatts installés, chaque année ».

L’émission d’hier a été consacrée au thème de la transition énergétique de l’Algérie et ses défis et enjeux. L’expert Mouloud Bakli, un chercheur algérien résidant aux Émirats arabes unis, à Dubaï, qui rappelle que la question de transition énergétique constitue « une priorité du Président de la République », mettra l’accent sur l’importance de réaliser le programme dédié aux énergies renouvelables ; un programme « bien défini » qui comporte des « quotas par technologie à l’aube de 2030 » et qui se décline en éolien, en solaire, en biomasse et en solaire thermique. Cela dit, l’invité de la rédaction insiste sur le fait que « l’énergie solaire, c’est l’avenir de l’Algérie ».

Soraya Guemmouri. El Moudjahid.

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