Il y a un consensus sur la nécessité de promouvoir les énergies renouvelables

Lundi 18 octobre 2010

Interview avec Mohamed Salah Bouzeriba. Directeur général de l’Aprue.

Mohamed Salah Bouzeriba. Directeur général de l'Aprue.

En collaboration avec la société Batimatec Expo, l’Aprue a organisé ce premier Salon international des énergies renouvelables et de la maîtrise d’énergie (Siereme) qui s’est déroulé du 11 au 15 octobre au palais des expositions de la Safex. Quels objectifs précis aviez-vous assignés à cette manifestation et à qui était-elle destinée ?

Le premier objectif est de faire connaître et vulgariser le contenu de notre programme de maîtrise d’énergie et de favoriser les occasions de partenariat. Vous avez vu, à titre d’exemple, qu’il y a eu durant toute la durée du salon beaucoup de jeunes entrepreneurs algériens qui se sont intéressé à ce domaine, ce qui nous incite encore plus à les encourager et, chaque fois que possible, à les accompagner dans leurs démarches entrepreneuriales. Avec le président de la BDL, nous avons examiné dans quelle mesure on peut aider ces entreprises en termes de financement et de renforcement des capacités.

En termes de promotion d’énergies alternatives il y a pratiquement tout à faire. Par quoi faudrait- il, selon vous, commencer ?

Je pense que chaque filière a ses spécificités. Je prends le cas du chauffe- eau solaire sur lequel nous travaillons et dont les pays qui nous ont devancés ont pratiquement tous commencé par la fabrication locale du réservoir, ce qui leur a permis de réduire pratiquement de moitié son coût initial. L’Algérie a l’avantage d’avoir bien plus d’atouts (la production de verre plat existe, il y a également des entreprises spécialisées dans la production de ballons) ce qui devrait nous permettre de réduire encore plus sensiblement son coût et d’atteindre, pourquoi pas, un taux d’intégration possible de plus de 90%.

Certains exposants se sont plaints du manque de volonté des autorités politiques de promouvoir les énergies renouvelables. Ils citent, à titre d’exemple, la loi de 2002 relative à la promotion des énergies renouvelables qui est toujours en attente de textes d’applications depuis près d’une décennie. Les prix des énergies fossiles telles que le gaz et le mazout sont très bas et on ne voit pas, non plus, de programmes d’action précis…

Il y a de mon point de vue un grand pas qui a été franchi c’est celui du débat. Les débats autour de la problématique tout à fait nouvelle des énergies alternatives aux énergies fossiles et polluantes ont été intéressants à plus d’un titre. Ils ont permis, et ce n’est pas rien, de dégager un consensus sur la nécessité de promouvoir et développer les énergies renouvelables. Par rapport aux pouvoirs publics, je pense également qu’il y a eu un signal fort. Il y a, à titre d’exemple, de grands projets comme les projets hybrides de Hassi R’mel et celui de Sonelgaz (50 mégawatts), la ferme éolienne, l’usine de production de panneaux solaires. Même si ce n’est pas suffisant, il faut tout de même reconnaître qu’un grand pas a été fait dans le sens du développement des énergies renouvelables, dans un contexte très difficile, car les prix locaux exagérément bas des énergies fossiles, n’incitent effectivement pas au développement de nouvelles énergies à cycle de rentabilité beaucoup plus long. L’Etat doit jouer un rôle d’incitateur et de facilitateur à travers des mesures fiscales et des subventions qu’il pourrait accorder aux promoteurs pour les encourager à investir dans les divers créneaux de l’industrie des énergies renouvelables. Il doit également donner l’exemple d’utilisation de ces énergies, en obligeant les institutions publiques à se pourvoir en équipements produisant et utilisant ce type d’énergies.

Ce salon a donc un important rôle de communication à jouer ?

Je me réjouis de la tenue de ce salon qui constitue pour l’Aprue une première expérience. Je me réjouis également de la présence d’un aussi grand nombre d’entreprises algériennes pionnières dans divers domaines des énergies renouvelables et de tous ces chefs d’entreprise, universitaires, chercheurs, étudiants et large public venus nombreux écouter les conférenciers et débattre des diverses problématiques posées. Au regard de ce constat et du potentiel humain et matériel qui existe déjà dans notre pays, je demeure convaincu que l’espoir de voir ces énergies d’avenir prendre progressivement racines en Algérie est, plus que jamais, possible.

El Watan

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