Efficacité énergétique : L’enjeu de la préservation

Dimanche 10 décembre 2017

Les entreprises seront dorénavant soumises à un contrôle de l’efficacité énergétique. Un projet de loi viendra pour corriger certains aspects de la loi sur la maîtrise de l’énergie, et proposera l’instauration d’un contrôle de l’efficacité énergétique dans de différents secteurs et la révision de l’audit énergétique.

Le secteur du bâtiment est l’un des secteurs dont la consommation a un impact significatif sur la consommation globale d’énergie du pays, soit 42% de la consommation finale.

Tout récemment, un guide sur l’efficacité énergétique dans le bâtiment a été élaboré. Objectif : permettre aux professionnels du secteur de s’approprier les rudiments nécessaires à la prise en compte de l’efficacité énergétique dans la conception des projets de construction. À ce sujet, il y a lieu de préciser que la consommation électrique des foyers algériens est dix fois supérieure à la norme. D’où la proposition du programme d’efficacité énergétique pour ce secteur stratégique qui vise, à terme, à réduire substantiellement la consommation liée au chauffage et à la climatisation des logements, et créer les conditions favorables pour l’émergence d’une industrie locale d’équipements et de matériaux. Avec à la clé une contribution à l’efficacité énergétique, sans compter les retombées bénéfiques par rapport à la création d’emploi.

Dans ce registre, il y a lieu de souligner qu’à la faveur du programme de développement des énergies renouvelables 2011-2030, les énergies renouvelables se placent au cœur des politiques énergétique et économique menées par l’Algérie. Cette efficacité énergétique est une condition d’aller vers la transition énergétique.

À ce sujet, M. Mourad Preure, expert, indique que l’Algérie doit changer absolument de paradigme énergétique. « Il est impensable qu’un pays doté d’un ensoleillement exceptionnel tel que le nôtre soit totalement absent de la transition énergétique, ne l’intègre pas dans sa stratégie comme fondement des équilibres énergétiques de demain, et surtout de sa stratégie industrielle et technologique », soulignait-il.

Et d’ajouter : « Il doit être clair que la transition énergétique et le développement des énergies renouvelables doivent être perçus comme un axe fondamental de notre stratégie industrielle scientifique et technologique. » Enchaînant, M. Preure faisait savoir que l’Algérie est aussi un « réservoir immense d’intelligence », ajoutant que « nous pouvons, en conjuguant ensoleillement et gaz, devenir un leader dans les centrales hybrides solaire-gaz, où le coût du kilowattheure est optimum. Nous avons des ressources en silice et pouvons développer une filière silicium pour produire des cellules photovoltaïques, mais aussi entrer dans les semi-conducteurs avec leurs innombrables applications. Nous avons des ressources en lithium ».

Si l’expert soutient l’objectif de 22.000 MW, et trouve même qu’il faut aller plus loin, il appelle à l’intégration des concepts basiques comme des bâtiments ou villes à énergie positive, à la combinaison des grandes installations solaires et systèmes distribués en impliquant le citoyen, ainsi que les approches par le haut et approches par le bas en suscitant l’émergence de micro-entreprises et PME dans les matériaux de construction, dans les renouvelables.

Fouad Irnatene. El Moudjahid.

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