L’urgence d’agir à la veille de la Conférence de Bonn

Dimanche 5 novembre 2017

Concentration record en CO2, montée des eaux, recul des glaces : toujours plus alarmants, les indicateurs-clé du réchauffement planétaire soulignent l’urgence d’agir alors que s’ouvrira, lundi prochain à Bonn, la 23e Conférence de l’ONU sur le changement climatique.

La planète a battu, en 2016, son 3e record annuel consécutif de chaleur, avec une température supérieure d’environ 1,1 C° à la moyenne de l’ère pré-industrielle, selon l’Organisation météorologique mondiale (OMM). Le XXIe siècle compte déjà 16 des 17 années les plus chaudes depuis le début des mesures en 1880.

En outre, les concentrations des trois principaux gaz à effet de serre (GES), à savoir, dioxyde de carbone (CO2), méthane et protoxyde d’azote, ont atteint de nouveaux sommets en 2016. « Alors qu’elle était de 400 parties par million (ppm) en 2015, la teneur de l’atmosphère en dioxyde de carbone (...) a atteint 403,3 ppm en 2016 » et « représente désormais 145% de ce qu’elle était à l’époque pré-industrielle », selon l’OMM.

C’est le plus haut niveau en 800 000 ans. Aussi, le réchauffement climatique favorise déjà des événements météorologiques extrêmes, en particulier des sécheresses et des vagues de chaleur. Selon certains climatologues, le nombre de sécheresses, incendies de forêt, inondations et ouragans liés au dérèglement, a doublé depuis 1990. Un réchauffement au-delà de 1,5 degré entraînerait aussi un bouleversement des écosystèmes du bassin méditerranéen inédit depuis 10 000 ans. Loin de l’euphorie de l’accord de Paris, la 23e Conférence climat de l’Onu (Cop23) s’ouvrira avec un pollueur géant, les Etats-Unis, et un objectif climatique toujours plus difficile à tenir.

Bien que reconnue par les rapports scientifiques de la Convention onusienne comme l’un des pays les plus vulnérables aux effets adverses des changements climatiques et des moins pollueurs dans le monde, l’Algérie poursuit son engagement à l’effort global de réduction des gaz à effet de serre (GES) par une politique ambitieuse de transition énergétique axée sur le développement des énergies propres, d’autant qu’elle recèle un potentiel énorme en sources d’énergies renouvelables.

Pour preuve de son engagement en faveur du climat, l’Algérie était parmi les premiers pays en développement à soumettre sa contribution prévue déterminée au niveau national (INDC) au secrétariat de la convention-cadre sur les changements climatiques, en septembre 2015. Elle prévoit, d’ici 2030, une réduction inconditionnelle des rejets nationaux de GES de 7%, et de 22% dans le cas où l’Algérie bénéficierait d’un accompagnement technologique et financier adéquat et d’investissements de la part de ses partenaires au développement. Lors de sa réunion du 24 mai 2015, le Conseil des ministres a adopté l’actualisation du programme national des énergies renouvelables et d’efficacité énergétique. Ce programme ambitieux vise la réduction de 9% de la consommation globale d’énergie à l’horizon 2030, et ambitionne de procéder à l’isolation thermique d’un important programme de logements, ainsi qu’à la conversion au GPL d’un million de véhicules particuliers et de plus de 20 000 autobus.

Kamel Benelkadi. El Watan.

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