Yaïci Boukhalfa. Président du Cluster Energie solaire « Nous souhaitons que les pouvoirs publics définissent une feuille de route »

Dimanche 29 octobre 2017

Dans quelles conditions et pour quel objectif a été mis en place ce cluster dédié à l’énergie solaire ?

Il a été constitué au mois de septembre. Il est composé de 15 entités, parmi lesquelles des entreprises économiques et des entités du secteur de la recherche et du développement. Nous avons mis en place quatre groupes de travail. Un pour la réglementation, l’autre pour la compétitivité, un troisième pour le financement et le dernier est consacré au Programme national des énergies renouvelables.

Ces quatre groupes de travail ont été constitués pour étudier un certain nombre de points et faire des propositions, lesquelles seront soumises aux pouvoirs publics. Le rôle du cluster, c’est de créer des synergies à l’intérieur mais aussi d’être en quelque sorte le porte-parole de ces entités auprès des pouvoirs publics en mettant à la disposition de ces derniers l’expertise que nous avons menée à l’intérieur, en leur faisant des propositions concrètes et, enfin, en attirant leur attention sur un réel état des lieux de la base industrielle, la situation des entreprises, les investissements consentis, etc.

Le domaine de l’énergie solaire est-il réellement attractif en Algérie ?

Les gens croient fort en l’avenir des énergies renouvelables en Algérie. La preuve, c’est qu’ils ont investi. Maintenant, nous souhaitons que les pouvoirs publics prennent en compte ce potentiel et définissent une feuille de route avec les acteurs qui sont sur le terrain. Il faut travailler la main dans la main. Il y a aujourd’hui beaucoup de fabricants dont quatre sont déjà dans le cluster : Condor, Enie, Aures Solaire et Altv. D’autres vont rejoindre, à l’exemple de Zergoun Brothers qui est aussi sur le point de se lancer dans cette aventure. On a beau dire, le monde est en train de changer radicalement pour aller vers les énergies renouvelables. Nous ne devons pas rater le virage. En plus, nous sommes tenus par nos engagements envers l’accord de Paris issu de la Cop 21. Il en va aussi de notre crédibilité.

On parle beaucoup d’intégration. Les entreprises sont-elle prêtes à financer la recherche ?

La maîtrise à 100% est possible et on ne peut que constater ce qui s’est passé dans d’autres pays mais aujourd’hui, ce qui nous manque, c’est le marché. Il faudrait aussi qu’il y ait de la visibilité pour les industriels. Qu’on sache ce que l’Etat compte installer en 2018, 2019, 2020, etc. Si on définit bien cette feuille de route, tout le monde va se mettre en rang pour exécuter les programmes. Néanmoins, il faut être réaliste et ne pas chercher coûte que coûte à maîtriser tout à 100%. Il faut aller étape par étape, et dans un premier temps laisser aux investisseurs le temps de rentabiliser leurs affaires. Plus tard, et de manière naturelle, les entreprises vont se positionner là où elles seront compétitives. A ce moment-là, le rôle de la recherche deviendra fondamental.

Djamel Benachour.El Watan.

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