Le professeur Chems-Eddine Chitour : l’avenir économique de l’Algérie est dans le développement des énergies renouvelables

Mardi 3 octobre 2017

Le professeur Chems-Eddine Chitour, enseignant à l’Ecole polytechnique d’Alger a, une nouvelle fois, plaidé pour l’investissement dans les énergies renouvelables, lors de son passage, mardi matin, dans l’émission L’Invité de la rédaction de la Chaine 3 de la Radio Algérienne.

Commentant la décision du gouvernement d’aller vers une révision de la loi sur les hydrocarbures et l’exploitation du gaz de schiste, considérées comme nécessaires, le Professeur Chitour, pense « que c’est un mauvais signal que de dire maintenant aux citoyens qu’on va revenir aux hydrocarbures, après avoir expliqué depuis des années qu’il faut des investissements hors-hydrocarbures ».

« Certes, il faut exploiter, rationaliser et augmenter les réserves d’hydrocarbures, mais il ne faut pas changer de logiciel », a plaidé le Professeur Chitour. A force de ne parler que du développement et de l’exploitation des énergies fossiles, « on a étouffé toute velléité de développement des autres possibilités de production de l’énergie », regrettera t-il.

Sur la question du gaz de Schiste, l’invité de la radio Chaine 3 estime que « si on veut aller vers son exploitation, cela doit se faire dans un cadre d’une stratégie globale, qui intègre le développement de l’exploitation des énergies renouvelables ».

Le Professeur Chitour reconnait que le potentiel de l’Algérie en gaz de schiste est important, avec des réserves estimées à 20.000 milliards de m3, par le département américains de l’énergie, les 3èmes au monde après celles de la Chine et de l’Argentine. Mais c’est un potentiel, ajoutera-t-il, qu’il faut « exploiter de façon rationnelle », car soulignera-t-il, « il n’y a pas pour le moment d’avancées technologiques majeures pour rendre le gaz de schiste respectueux de l’environnement ».

Plus explicite, le Professeur Chitour, qui fait savoir qu’il est de ceux qui suivent l’actualité, citera l’exemple de l’Etat de l’Oklahoma aux USA qui enregistrait 3 tremblements de terre par année, mais après s’être engagé dans l’exploitation du gaz de schiste il enregistre 3 tremblements de terre par jour. « La fracturation hydraulique (technique d’exploitation du gaz de schiste, ndlr) fragilise le sol, sans parler des produits chimiques et des quantités phénoménales d’eau douce qu’il faut utiliser », a t-il argumenté.

Le Professeur Chitour estime que l’exploitation du gaz de schiste doit être réfléchie et rationnelle et l’inscrire dans le cadre d’un modèle et d’un bouquet énergétiques qui met l’accent sur le développement des énergies renouvelables propres.

S’agissant de la révision de la loi sur les hydrocarbures pour une meilleure attractivité du marché, le Professeur Chitour estime, qu’ « après plus de 55 ans d’activités dans le pétrole et le gaz, le moment est venu pour notre pays de réaliser son autosuffisance et cesser d’être dépendant totalement vis-à-vis des compagnies internationales, en matière d’exploration et d’exploitation des hydrocarbures ». L’apport des compagnies étrangères doit être un complément, et pour cela on doit relancer la formation dans le secteur a conclu le Professeur Chitour.

Radio Algerie.

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