Le potentiel des réserves algériennes en hydrocarbures sous-exploré (Guitouni)

Mardi 3 octobre 2017

Le potentiel des réserves en hydrocarbures de l’Algérie est important mais reste relativement sous-exploré, a indiqué lundi à Alger le ministre de l’Energie, Mustapha Guitouni.

Intervenant lors des travaux de la réunion du Conseil d’affaires algéro-américain (USABC), en présence de représentants de grandes compagnies américaines de plusieurs secteurs dont essentiellement ceux de l’énergie et des énergies renouvelables, M. Guitouni leur a indiqué que le secteur de l’énergie offrait de multiples opportunités de partenariat, ajoutant que l’Algérie dispose d’un environnement propice pour l’investissement.

L’Algérie, a-t-il précisé, est constituée de 1,5 millions de km2 de bassins sédimentaires dont plus de 60% ne sont pas encore soumis à des campagnes d’exploration notamment dans le sud-ouest et le nord de l’Algérie ainsi que dans la zone off-shore d’une superficie d’environ 100.000 km2 et qui est totalement inexplorée.

"L’intensification des efforts d’exploration est au coeur de notre stratégie, et les opportunités d’investissement sont ouvertes pour nos partenaires", a-t-il affirmé en direction des représentants des compagnies américaines. Dans ce sillage, il a ajouté que le Plan d’action du gouvernement prévoit d’encourager les prospections destinées à mieux faire connaître le potentiel national en hydrocarbures schisteux.

L’Algérie ouverte au partenariat dans la pétrochimie

Il a également soutenu que l’Algérie était ouverte au partenariat dans les domaines du raffinage et de la pétrochimie pour la réalisation conjointe des projets, en faisant part des infrastructures de bonne qualité, des conditions d’exploitation avantageuses et des ressources humaines qualifiées.

Sur un autre plan, le ministre a indiqué qu’une réflexion est engagée pour la révision de la loi relative aux hydrocarbures en vigueur, à l’effet d’améliorer l’attractivité du pays en direction des partenaires étrangers, notamment dans la prospection et l’exploitation des hydrocarbures.

D’autre part, M. Guitouni a relevé que les actions engagées ces dernières années pour la modernisation et l’ouverture du secteur de l’énergie, à savoir l’exploration et le développement des gisements existants, le développement du raffinage et la pétrochimie, la réalisation d’un ambitieux programme en énergies renouvelable associant le développement industriel y afférent, "sont autant d’opportunités que peuvent saisir les compagnies américaines".

Pour appuyer ses propos, il a cité l’accord de partenariat signé entre la compagnie américaine General Electric (GE) et Sonelgaz, grâce auquel le méga complexe industriel GE Algéria Turbines (GEAT, sis à Batna) est en cours de réalisation.

Ce complexe fabriquera des turbines à gaz et à vapeur, des alternateurs et systèmes de contrôle commande ainsi que des équipements qui soutiendront la capacité de génération électrique de Algérie pour les prochaines années.

Cet investissement, selon lui, pourrait toucher plusieurs secteurs d’activités dont l’énergie, l’industrie, l’agriculture et le tourisme.

Par ailleurs, le ministre a invité les membres de l’USABC à prendre part aux Portes ouvertes qui seront organisées par l’Agence nationale pour la valorisation des ressources en hydrocarbures (Alnafat), prévues le 16 octobre en cours à Alger et consacrées notamment à la relance des investissements dans le domaine des hydrocarbures.

Pour sa part, le président de l’USABC, Smail Chikhoune, a indiqué que l’Algérie offrait aujourd’hui les mêmes avantages qu’offrent les autres pays en matière d’investissement.

"C’est avec beaucoup de satisfaction que nous apprenons l’introduction de nouvelles incitations fiscales et de facilitations légales et réglementaires en matière d’investissement", s’est-il réjoui.

Ce qui permettra, a-t-il poursuivi, d’améliorer davantage les conditions d’investissements, d’aller vers des partenariats avec certaines compagnies qui veulent, à titre d’exemple, fabriquer en Algérie des matériaux qui sont utilisés dans les puits pétroliers, et également l’expertise pour la formation du personnel en Algérie.

Au sujet du gaz de schiste, il a rappelé que le gouvernement algérien avait décidé d’étudier ce dossier pour exploiter ce gaz non conventionnel, et ce, à l’instar de ce qui se fait dans les autres pays : "Il n’y a pas mieux que l’expérience américaine du fait que les Américains disposent parfaitement de cette expertise à travers le monde. Une véritable voie pour diversifier les énergies y compris les énergies renouvelables". .

Questionné par l’APS, en marge de cette rencontre, sur les modifications qui vont être apportées à la loi sur les hydrocarbures, M. Guitouni a expliqué que la plupart des appels d’offres lancés par l’Algérie pour la recherche et l’exploration pétrolières s’étaient avérés infructueux.

"Le signal (pour la révision du texte) a été donné parce que la situation (de l’infructuosité de ces appels d’offres) ne pouvait continuer (sans réagir) alors que les revenus (pétroliers) s’amenuisent et les activités de recherche et d’exploration diminuent, selon lui.

"Nous avions lancé quatre ou cinq appels d’offres pour l’exploration mais qui ont été infructueux. Face à cette situation, nous avons donc engagé une réflexion et nous sommes en train de travailler sur la loi relative aux hydrocarbures en vigueur et sur ses aspects fiscaux, (de façon) que l’investisseur et l’Algérie soient gagnant-gagnant", a-t-il détaillé.

En conséquence, a-t-il poursuivi, "la loi doit s’adapter à ce contexte à l’instar de tous les autres pays. Nous réfléchissons encore mais on va le faire. Quand une loi est élaborée, elle doit épouser la conjoncture actuelle du monde pétrolier qui n’est pas statique mais dynamique et qui évolue continuellement".

Quant aux aspects de la loi qui seront révisés, le ministre a cité essentiellement la fiscalité, en expliquant que lorsque le dispositif fiscal avait été introduit dans la loi en vigueur, le baril du pétrole

était à plus de 100 dollars : "Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui avec un baril qui tourne autour de 50 dollars. Nous ne pouvons appliquer le même dispositif fiscal aussi bien pour un baril à 150 dollars qu’à 50 dollars, car l’investisseur ne viendra pas puisque non intéressé".

La loi actuelle sur les hydrocarbures date de 2013 qui a modifié et complété celle du 28 avril 2005.

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