Avec ses 154 filiales, Sonatrach est la seule compagnie africaine à développer de multiples activités

Mardi 3 octobre 2017

Grâce à ses 154 filiales, Sonatrach est la seule compagnie africaine à développer des activités depuis l’exploration pétrolière jusqu’à la pompe à essence, a relevé une étude de l’Institut français de relations internationales (IFRI), soulignant qu’elle doit faire face à des défis importants.

Sonatrach a créé une véritable oasis de compétences dans l’appareil étatique (...), mais elle a besoin du privé pour mettre en valeur son domaine conventionnel, a indiqué une étude sur les stratégies des compagnies pétrolières nationales africaines, réalisée par Benjamin Augé, professeur d’université et rédacteur en chef de la lettre d’information Africa Energy Intelligence.

L’étude, publiée samedi à Paris, dont l’APS détient une copie, porte sur le cas de trois compagnies pétrolières nationales de pays africains, l’Algérie (Sonatrach), le Nigeria (NNPC) et l’Angola (Sonangol), qui ont produit en 2016, selon son auteur, respectivement 1,1 million, 2 millions et 1,8 million de barils par jour en moyenne.

Elle fait savoir que ces compagnies d’Etat doivent composer avec des défis lourds pour maintenir leur production d’hydrocarbures et attirer les investissements étrangers, relevant qu’elles ont dû trouver de nouveaux marchés pour leurs exportations de brut léger du fait de l’essor des pétroles de schiste aux Etats-Unis et l’effondrement des importations américaines.

Dans le chapitre consacré à Sonatrach, M. Augé, qui focalise ses recherches sur la gouvernance des secteurs pétrolier, gazier et électrique dans les pays africains, a indiqué, selon les derniers chiffres disponibles, que Sonatrach a mis au jour en effort propre de 32 des 33 découvertes de ressources d’hydrocarbures en 2016.

La consommation énergétique interne a considérablement augmenté

Selon les mêmes chiffres, ses filiales ont réalisé 94 forages d’exploration sur les 106 effectués et, en matière des activités de développement, sur les 144 puits, 111 l’ont été par Sonatrach.

Près de 98 millions de tonnes équivalent de pétrole ont été exportés à l’étranger, équivalent de 33,1 milliards de dollars, contre 67 milliards de dollars en 2014, soit 41% du budget du pays, a précisé l’étude qui souligne que la société doit composer avec de nombreux défis.

Le document indique que Sonatrach s’épuise financièrement afin de tenter de stabiliser sa production, notant que le volume total d’hydrocarbures produit a stagné depuis plus d’une décennie avant de remonter sensiblement en 2016, mais seulement pour la partie gaz dont ses exportations, a-t-il fait remarquer, sont limitées et les capacités d’exportation sont sous-utilisées.

Parmi les défis, le document évoque la consommation qui a considérablement augmenté entre 2005 et 2016 passant de 249.000 barils par jour à 412.000 barils par jour.

Analysant la part de la production exportée qui s’est sensiblement réduite dans la dernière décennie, le document estime que la baisse de la production est due à la loi relative aux hydrocarbures de 2005, soulignant que les investissements privés dans le secteur pétrolier sont ainsi en baisse depuis plus de dix ans.

Quant aux énergies renouvelables, l’étude estime que l’Algérie reste aujourd’hui en retard malgré son fort potentiel solaire, relevant que les investissements par Sonatrach, dans ce domaine, sont limités à ce jour.

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