Gestion des ressources en eaux souterraines : Renforcer la coopération entre l’Algérie, la Libye et la Tunisie

Lundi 24 juillet 2017

Le défi d’assurer une utilisation « durable » des ressources en eau de la région, commun aux pays qui partagent l’aquifère, à savoir l’Algérie, la Libye et la Tunisie, était au centre des débats d’un atelier, organisé par la CEE-ONU, le Partenariat Mondial pour l’Eau-Méditerranée et l’Observatoire du Sahara et du Sahel, avec la participation effective du mécanisme de coordination du Système aquifère du Sahara Septentrional (SASS).

Selon le ministère des Ressources en eau, cette rencontre s’inscrit dans le cadre d’un processus en cours qui vise à « consolider » la coopération transfrontalière relative à la gestion du SASS et à renforcer les capacités connexes.

Marqué par plus 50 participants issus des trois pays concernés et représentant les secteurs de l’énergie et de l’agriculture, les responsables de l’eau et des services publics, ainsi que les organisations de protection de l’environnement, cet atelier a offert, deux jours durant, une « opportunité pour évaluer la gestion actuelle et future » de l’aquifère aux niveaux national et transfrontalier, ainsi que les politiques sectorielles dans les trois pays. Les participants ont identifié les liens entre les stratégies et les plans, ce qui devrait faciliter une coopération « renforcée », en proposant une panoplie de mesures bénéfiques en matière de gestion, de politique et d’infrastructures.

Intervenant à cette occasion, le Directeur du Département d’Études hydrauliques et aménagement du département ministériel de Necib a rappelé les défis relatifs à la durabilité résultant des interactions (Nexus) entre l’eau, l’énergie et l’alimentation, et mis en exergue le problème de la sécurité alimentaire, qui est « de plus en plus menacée », en raison du changement climatique et des augmentations prévues de la fréquence des extrêmes hydrologiques. Tahar Aichaoui a appelé dans ce contexte à « rationaliser » l’utilisation de l’eau et à « améliorer » l’efficacité de l’irrigation. L’atelier a également permis aux parties prenantes d’en apprendre plus sur la Convention de la CEE-ONU relative à la protection et l’utilisation des cours d’eau transfrontaliers et des lacs internationaux (Convention sur l’eau) et son rôle dans le renforcement de la coopération transfrontalière dans le domaine de la gestion des ressources en eau par le biais d’accords et d’institutions mandatées. Les pays d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient, où l’eau est rare, s’intéressent de plus en plus à cette Convention depuis son ouverture à l’adhésion de tous les États membres de l’ONU en 2016. Avec une réserve d’eau estimée à environ 40.000 milliards de m3, le Système aquifère du Sahara Septentrional (SASS) est la principale ressource en eau souterraine de la région.

Une réserve de 40.000 milliards de m3

Elle est considérée en grande partie comme non renouvelable. L’eau de l’aquifère doit répondre à une demande « croissante », en particulier pour la provision d’eau potable et l’irrigation. En plus de la « baisse progressive » de la nappe phréatique due à l’épuisement, il existe des risques qui pourraient « toucher » la quantité et la qualité des eaux souterraines, en raison de certaines « lacunes » dans la gestion des eaux usées et dans les eaux de drainage, ainsi que dans l’exploration du pétrole et du gaz. Actuellement, la région planifie également un développement important de l’énergie renouvelable (énergie solaire en particulier), avec des motivations différentes, y compris la diversification des sources d’énergie et la réduction de l’état de dépendance à l’égard des importations. L’évaluation « Nexus », qui a été initiée, vise à « analyser systématiquement » ces tendances et opportunités, et à amener les autorités et les parties prenantes responsables des ressources naturelles à dialoguer. Les participants à l’atelier ont insisté, à ce propos, sur « l’urgence » d’un « suivi à jour » des ressources en eau disponibles et l’application de mesures de gestion de la demande, y compris à travers des prix appropriés, et la « réorientation » du développement économique vers une production ayant une « plus grande valeur » qui ne requiert pas une abondance d’approvisionnement en eau. Il a été question également de l’impératif d’une révision de la tarification. Le potentiel des énergies renouvelables destinées à alimenter le pompage et le traitement de l’eau a également été reconnu, avec les questions liées aux considérations environnementales et aux besoins en eau pour la génération de l’énergie. Les participants ont en outre « anticipé » la nécessité d’investissements « importants » dans la modernisation et l’extension de l’infrastructure, pour « répondre » aux défis identifiés.

La révision et l’habilitation du mécanisme de coordination dans le SASS ont également été parmi les opportunités identifiées, lors de l’atelier, qui pourraient être éclairées, à travers l’étude intersectorielle menée par les partenaires organisateurs de l’atelier.

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