Transition vers d’autres énergies : améliorer d’abord l’efficacité énergétique

Dimanche 16 avril 2017

Le ministre de l’Énergie, Noureddine Boutarfa, a souligné hier à Alger l’impératif d’améliorer l’efficacité énergétique afin de réussir la transition énergétique et d’assurer la pérennité du modèle algérien en matière d’énergie à l’horizon 2030.

« Il faut intégrer la donne de l’efficacité énergétique (...) Si l’on fait du renouvelable, mais en consommant mal, on ne fait qu’aggraver notre situation », a déclaré M. Boutarfa, lors de la 21e Journée sur le développement durable, organisée par l’École nationale polytechnique (ENP), à l’occasion de Youm El-Ilm. Selon lui, si l’efficacité énergétique n’a pas beaucoup évolué durant les années précédentes, cela est dû, notamment à l’abondance de l’énergie primaire et à son prix, mais les indicateurs énergétiques prévus pour l’année 2030 imposent la nécessité d’accélérer les efforts pour son amélioration. Dans ce sens, M. Boutarfa a avancé que les capacités de production pétrolière baisseraient en 2030 à 30 millions de tonnes/an, contre 50 millions de tonnes/an en 2015 et 41 millions/an en 2000. L’essentiel de cette production pétrolière sera donc transformé en Algérie qui verra donc les volumes d’exportation diminuer sensiblement. Quant au gaz naturel, les capacités de production vont augmenter à 117 milliards de m3/an, contre 85 milliards de m3 en 2016. Toutefois, cette augmentation des capacités sera confrontée à une forte hausse de la demande à 69 milliards de m3 en 2030, contre 40 milliards en 2015 et 20 milliards en 2000, ce qui pousse à s’interroger sur la part destinée à l’exportation, a encore observé le ministre. Concernant les énergies renouvelables, les capacités de production électrique installées pourront atteindre « raisonnablement » en 2030 les 12.000 mégawatts, contre près de de 500 mégawatts actuellement, a-t-il fait savoir. « On sera encore loin (...) d’où la nécessité d’attaquer les secteurs énergivores tels que les transports et l’habitat », a préconisé M. Boutarfa, soulignant que ces 12.000 mégawatts d’origine renouvelable correspondent à 25 térawatt heures seulement, alors que la consommation nationale d’électricité va atteindre 166 térawatt heures en 2030 (contre 70 térawatt heures en 2015 et 25 térawatt heures en 2000). Commentant le projet du modèle énergétique à 50% durable en Algérie, présenté lors de la 21e Journée sur le développement durable par les élèves-ingénieurs de l’ENP, M. Boutarfa a estimé qu’il s’agissait d’un « bel objectif » permettant de se projeter sur l’image du modèle énergétique que donnera Algérie à l’avenir. Toutefois, cette transformation nécessite de dégager des ressources financières importantes, a noté le ministre, ajoutant que les besoins d’investissements dans les secteurs de l’électricité et des hydrocarbures pour la période 2020-2025 avoisinent les 90 milliards de dollars « Il faut trouver d’autres ressources, ne pas compter que sur le secteur des hydrocarbures et réfléchir sur les transformations à apporter sur notre économie pour faire en sorte que notre avenir soit vert à 50% », a-t-il soutenu.

EL MOUDJAHID.

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