Secteur semi-industriel : Les sous-traitants représentent 10%

Lundi 20 mars 2017

Dix pour cent. Tel est le taux global des entreprises nationales exerçant dans le secteur de la sous-traitance industrielle, ce qui représente en réalité moins d’un millier d’entreprises du tissu industriel, c’est ce qui ressort des déclarations de Kamel Agsous, président du Réseau des bourses de sous-traitance et de partenariat qui s’exprimait lors d’une conférence de presse en prévision de la tenue de la 4e édition du Salon national inversé de la sous-traitance, prévu du 3 au 6 avril à Alger. Le conférencier a qualifié ce chiffre de « très faible » et en deça des opportunités de cette activité dans le secteur industriel. Celui-ci tiendra à préciser néanmoins, qu’aujourd’hui, le développement du secteur de la sous-traitance en Algérie est une priorité du gouvernement pour la création de richesses, et cela afin de réduire davantage la facture d’importations des pièces de rechange et composants des équipements industriels qui peuvent être fabriqués localement.

Il faut savoir que l’Algérie, depuis quelques années, insiste sur la mise en place d’une industrie de sous-traitance développée, notamment dans les secteurs de l’automobile et de l’électronique, ce qui représente une alternative aux exportations des hydrocarbures et en même temps une excellente opportunité d’augmenter le taux d’intégration dans l’assemblage de l’automobile et la fabrication de produits industriels. Citant le cas des groupes énergétiques, Sonatrach et Sonelgaz, le responsable a signalé que leur facture d’importation globale des composants et pièces de rechange s’élèverait à un milliard de dollars annuellement. En faisant une comparaison avec les pays voisins où le taux d’intégration est plus élevé, il a signalé qu’en Tunisie, le nombre des entreprises sous-traitantes représente 20% des entreprises industrielles (1.000 entreprises de sous-traitance parmi 5.000 entreprises industrielles), alors qu’au Maroc, le taux est de 28% (2.000 entreprises de sous-traitance sur 7.000 sociétés industrielles). Le représentant de la Chambre algérienne de commerce et d’industrie (CACI), M. Rachid Sai, a souligné, pour sa part, que « le secteur industriel représente actuellement 5% seulement du PIB, c’est une contribution timide. En parallèle, les besoins exprimés en matière d’équipement industriel et de tout autre composant industriel et de pièces de rechange tournent globalement autour de 25 milliards de dollars ». C’est à partir de ce constat que le ministre de l’Industrie, M. Abdesselam Bouchouareb a indiqué que pour promouvoir une activité hors hydrocarbures performante, quelque 14 filières prioritaires bénéficient d’avantages substantiels. Celles-ci relèvent des secteurs tels que l’automobile, la sous-traitance, la mécanique, la sidérurgie, l’électronique, l’électroménager, l’agro-industrie et les industries naissantes et l’import-substitution. “Toutes les entreprises qui s’inscrivent dans l’import-substitution bénéficieront du foncier, des financements et des avantages fiscaux accordés par l’État”, a ainsi affirmé le ministre.

Concernant la tenue du Salon national inversé de la sous-traitance (Sanist), les exposants sont des industriels-donneurs d’ordres qui présenteront leurs besoins en matière de produits ou de services pour qu’ils soient fournis par les receveurs d’ordres (sous-traitants) qui viennent en visiteurs afin de prendre connaissance des besoins exprimés, d’où l’appellation salon "inversé". Selon M. Sai, une cinquantaine d’entreprises-donneurs d’ordres ont confirmé leur participation à ce rendez-vous professionnel, tandis que plus de 700 visiteurs-receveurs d’ordres s’y sont déjà inscrits. Il est organisé par la CACI en partenariat avec la Bourse de la sous-traitance et de partenariat (BASTP), la Société algérienne des foires et expositions (SAFEX) et l’Agence nationale de développement d’investissement (ANDI). Parallèlement à ce salon, des conférences-débats seront également organisés sur des thèmes relatifs au marché de la sous-traitance en Algérie, notamment dans le domaine des énergies renouvelables et des industries mécaniques, et au rôle des clusters (pôles régionaux industriels) dans l’activité de la sous-traitance.

Plusieurs secteurs sont représentés à cette manifestation économique dont les industries mécanique et métallurgique, électronique, électrique, chimique et pétrochimique, hydraulique, bâtiment, industrie ferroviaire, machinisme agricole et télécommunications.

Mohamed Mendaci.El Moudjahid.

Partager l'article:


Secteur semi-industriel : Les sous-traitants représentent 10%

Les articles les plus récents dans News

Les articles les plus populaires