Sonatrach - ENI : Pose de la première pierre d’une centrale photovoltaïque à Ouargla

Dimanche 19 mars 2017

Fruit d’une coopération bilatérale remontant à plusieurs dizaines d’années, la compagnie nationale des hydrocarbures Sonatrach et l’entreprise italienne de l’énergie ENI viennent de concrétiser ensemble le lancement du processus de réalisation de l’ambitieux programme d’énergie renouvelable initié par le gouvernement algérien.

Hier, au gisement pétrolier de Bir Rebaa Nord (BRN), relevant de la wilaya de Ouargla et situé à quelques encablures de la frontière avec la Tunisie, le P-dg de Sonatrach, M. Amine Mazouzi, et l’Administrateur délégué d’Eni, M. Claudio Desclazi, ont procédé en effet à la pose de la première pierre du projet de construction d’une centrale photovoltaïque, d’une capacité de production de 10 mégawatts. Une puissance qui sera assurée à travers l’utilisation de 32.000 panneaux solaires.

Ce projet s’étendant sur une superficie d’environ 20 hectares, ayant notamment comme objectif de valoriser et d’économiser l’équivalent de 6 millions de m3 de gaz annuellement, comprend également la mise en place d’un laboratoire de recherche « intelligent » dont la principale mission est d’approfondir la recherche et de tester les nouvelles technologies en fonction de l’évolution, notamment à l’extrême-sud algérien, du processus de réalisation du programme national des énergies renouvelables d’une capacité globale, rappelle-t-on, de 4.000 mégawatts.

Le première installation de Bir Rebaa Nord servira donc « d’expérience pilote », et aussi bien les responsables de Sonatrach que ceux d’Eni n’ont pas lésiné sur les moyens à même de garantir le plein succès de ce projet devant connaître sa phase opérationnelle à la fin de l’année en cours, selon les prévisions communiquées sur place. M. Mazouzi s’est montré d’ailleurs très confiant quant à l’impact de ce projet qu’il ya lieu de garantir autant en termes de réduction du coût de production de l’électricité, en Algérie, d’économie de gaz naturel qui servira ds surcroit à booster l’exportation dans ce domaine ainsi qu’en matière d’objectifs liés à la protection de l’environnement. Selon son P-dg, Sonatrach qui, pour rappel, est partenaire à hauteur de 40% dans la réalisation du programme national des énergies renouvelables projeté à l’horizon 2030, ambitionne aussi de doter l’ensemble de ses sites en installations photovoltaïques pour la production de l’énergie solaire. Quant aux autres partenaires étrangers de l’Algérie, ceux-ci ne se sont pas du tout fait prier pour s’inscrire dans cette nouvelle dynamique énergétique solaire et éolienne. Ils sont d’ailleurs nombreux à soumissionner, comme il est aisé de le constater à travers ces 34 offres internationales déjà réceptionnées par Sonatrach et son partenaire italien ENI, en prévision de la construction de la centrale pilote de BRN à Ouargla. Les appétits s’aiguisent donc tant le programme national de 4.000 mégawatts que compte réaliser l’Algérie constitue une opportunité d’investissement bien ambitieuse de par sa dimension gigantesque, unique en son genre en le Afrique du Nord.

Sonatrach mobilise les capacités nationales pour les énergies renouvelables

Les entreprises nationales ne seront pas laissées en reste dans le cadre de la réalisation de ce programme national des énergies renouvelables. « On a déjà commencé à identifier les capacités nationales et on va les promouvoir davantage » fera savoir à ce sujet M. Amine Mazouzi au cours d’une conférence de presse animée conjointement avec M. Claudio Descalzi en présence du wali de Ouargla, Abdelkader Djellaoui, et de l’ambassadeur italien en Algérie, M. Pasquale Ferrara. Face aux journalistes, M. Amine Mazouzi fera observer d’entrée que dans le cadre du lancement de la centrale photovoltaïque au gisement BRN, un projet inscrit dans l’accord paraphé en novembre 2016 entre l’Eni et Sonatrach, c’est quasiment tous les membres du conseil d’administration du partenaire italien qui ont fait le déplacement en Algérie. Mieux, le conseil d’administration du groupe s’est même réuni dans la base de vie de RBN de Ouargla, un lieu situé en plein désert et non loin de la frontière algéro-tunisienne.

C’est une première dans les annales de l’entreprise italienne qui, jusque-là, n’a jamais réuni son conseil d’administration en dehors de Rome. « C’est là un indicateur très important pour l’Algérie », affirme le P-DG de Sonatrach mettant ainsi l’accent sur la stabilité et la sécurité dont jouit le pays, grâce, dira-t-il « à la politique judicieuse du Président Bouteflika et l’engagement des services de sécurité ». « Notre coopération avec Eni est très importante », a encore ajouté M. Mazouzi, mettant en avant l’entente qui prévaut entre les deux entreprises, les projets à engager ensemble à l’international et qui sont déjà identifiés et surtout la souplesse en matière de négociations se rapportant notamment à la révision des contrats gaziers.

L’accord de novembre 2016 signé entre Sonatrach et ENI et relatif aux énergies renouvelables, s’il vient à se matérialiser par le lancement d’un premier projet pilote de construction de centrale photovoltaïque, servira de socle, dans un proche avenir, pour la création d’une société de joint-venture représentée par les deux partenaires.

11 milliards d’euros investis par l’italienne ENI depuis 2010 en Algérie

Dans ses déclarations à la presse, l’administrateur délégué de l’entreprise ENI, M. Claudio Desclazi, a mis en avant dans ses propos toute la symbolique d’une présence de la quasi-totalité des membres du conseil d’administration d’ENI en Algérie, précisément sur les lieux du gisement pétrolier de BRN de Ouargla. « Cela fait 50 ans que le groupe ENI est présent en Algérie, ce qui est à même de confirmer la présence aujourd’hui (ndlr, hier) des membres du conseil d’administration de notre entreprise ici à Ouargla », a indiqué M. Desclazi. « L’Algérie est pour nous un partenaire de premier plan à l’échelle du continent africain », n’a-t-il cessé de répéter.

Pour appuyer ses propos, M. Desclazi mettra en exergue le montant de 11 milliards d’euros, représentant le coût des investissements engagés par le Groupe Eni depuis 2010 à ce jour en Algérie. « Ce montant représente 30 % de la totalité des investissements étrangers réalisés en Algérie dans le domaine énergétique » précisera encore M. Desclazi.

Dans ce même domaine d’activité, « l’Algérie joue un rôle extraordinaire dans le pourtour méditerranéen », affirme encore M. Desclazi. Selon ses dires, les futurs projets que l’italienne ENI compte lancer en Algérie portent notamment sur le développement de la production du pétrole mais aussi celle du gaz, la mobilisation de cette entreprise dans le lancement de la partie off-shore de Sonatrach à propos de laquelle le P-DG M. Mazouzi annonce le début des forages avant la fin de l’année en cours et, bien évidemment, poursuivre la réalisation du programme des énergies renouvelables.

« L’exploitation de gaz a encore de l’avenir et l’Algérie dispose de beaucoup de potentialités. Elle peut constituer une source d’approvisionnement pour l’Europe où la production de gaz a chuté sensiblement », affirme encore M. Desclazi. Pour sa part, l’ambassadeur d’Italie à Alger a souligné l’excellence des relations algéro-italiennes, rappelant que son pays était en 2006, en pole position en matière d’échanges commerciaux qui représentaient 9 milliards d’euros. Une position que l’Italie escompte occuper de nouveau. Assurément !

K. A. El Moudjahid.

Partager l'article:


Sonatrach - ENI : Pose de la première pierre d’une centrale photovoltaïque à Ouargla

Les articles les plus récents dans News

Les articles les plus populaires