Projet de réalisation d’une grande usine de recyclage de déchets à Béjaïa

Lundi 8 juin 2015

Une grande usine de recyclage sera implantée prochainement dans la wilaya de Béjaïa. Unique en Algérie, voire en Afrique, paraît-il, l’usine est présentée comme ce qu’il y a de plus récent en matière de technologie de recyclage.

Elle sera implantée dans la région d’Allaghène, daïra de Tazmalt, par la société Delta Environnement Consortium, sur un terrain d’une superficie de 25 000 m², concédé au promoteur du projet dans le cadre du Comité d’assistance à la localisation et la promotion des investissements et de la régulation du foncier (Calpiref).

D’une capacité de plus de dix tonnes/heure, l’usine aura comme principal client les collectivités locales et, éventuellement, les industriels, si leurs déchets entrent dans la gamme prise en charge par l’usine. Celle-ci traitera plusieurs types de déchets : verre, plastique, caoutchouc, carton, fer, aluminium, PVC, matières organiques, etc.

A l’exception des déchets toxiques qui sont soumis à un protocole. Le promoteur du projet, Guesmia Lyès, n’attend que l’aval des autorités pour procéder à la mise sur rails des travaux d’installation de l’usine, qui prendront six mois tout au plus, a-t-il dit. A la pointe de la technologie du recyclage, l’usine Delta ne présente, selon notre interlocuteur, que des avantages. Les déchets traités seront prêts à être réintroduits dans un cycle, en sortie de chaîne. Grâce à un système sophistiqué combinant pression et vapeur, les déchets sont soumis à une forte température (175°) qui sépare les composantes de l’élément introduit dans les box de recyclage.

Ecologique, le système est connu pour être l’un des plus efficaces en termes d’hygiène et d’impact sur l’environnement. « L’usine ne laisse s’échapper dans la nature aucune substance, qu’elle soit liquide ou autre, aucun bruit, et les produits traités ressortent purs et débarrassés de tout agent pathogène. L’étude d’impact nécessaire pour ce genre de projet n’a, d’ailleurs, révélé aucune contrainte de quelque nature que ce soi », rassure notre interlocuteur. Ainsi, son installation au milieu des agglomérations ne chamboulera pas l’entourage. Elle nécessitera, cependant, le déracinement de quelques dizaines d’oliviers qui seront réimplantés ailleurs.

Emploi

En matière d’emploi, Delta va embaucher 100 personnes à l’ouverture et, par la suite, des entreprises complémentaires créées dans le cadre de l’Ansej et dont l’activité va se greffer à celle de l’usine mère, généreront à leur tour des centaines d’emplois, a annoncé M. Guesmia. De plus, dit-il, l’usine sera une école ouverte, notamment pour les étudiants en filière environnement qui, jusqu’à présent, ne trouvent pas beaucoup de débouchés à leur formation.

Par ailleurs, le choix du recyclage et non pas d’autres procédés de traitement de déchets, à l’instar de l’enfouissement technique, le compostage ou l’incinération, est dicté par une étude de deux années qui a tranché sur l’orientation du modèle algérien de traitement de la pollution et des déchets, informe le promoteur du projet. « Le recyclage est le système qui convient le mieux en Algérie en raison de la typologie des déchets qui est, dans sa majorité, organique », explique notre interlocuteur.

Cependant, est-ce vraiment la solution, ou une partie de la solution, pour la pollution qui mine la wilaya de Béjaïa et toute l’Algérie, ou s’agit-il d’une activité où le volet industriel prime sur le volet écologique ? A croire M. Guesmia, l’usine combine les deux aspects : « Cette usine va créer toute une dynamique ; des entreprises spécialisées dans la collecte verront le jour. Elles donneront de la valeur ajoutée aux déchets qui sont abandonnés dans la nature, et c’est cela qui va complètement changer la donne. »

El Watan

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