Utilisation rationnelle de l’énergie en Algérie : Quels efforts à faire et comment y parvenir ?

Dimanche 2 août 2015

Avec une population estimée à 39,5 millions d’habitants au 1er janvier 2015, selon l’Office National des Statistiques (ONS), la consommation de l’Algérie en énergie a atteint 56 millions de tonnes équivalent pétrole (TEP) en 2014, pour une valeur avoisinant les 41 milliards de dollars US. En 2030, la demande énergétique risque de doubler dans les quinze (15) années à venir, et donc d’atteindre probablement près de 80 milliards de dollars US, d’autant plus que la consommation en gaz et en électricité connaît un rythme de croissance annuel de 14% à 18%. A noter que la forte hausse des besoins énergétiques, au niveau national, se traduira forcément par une diminution des exportations algériennes, et donc par une diminution des recettes financières si, parallèlement, aucun effort allant dans le sens de l’économie de l’énergie ne serait entrepris.

La notion de transition énergétique est un volet essentiel de la transition écologique, elle désigne le passage du système énergétique actuel utilisant des ressources non renouvelables vers un bouquet énergétique basé principalement sur des ressources renouvelables ; ce qui implique le développement de solutions de remplacement aux combustibles fossiles, qui sont des ressources limitées et non renouvelables. La transition énergétique prévoit le remplacement progressif des combustibles fossiles par des sources d’énergies renouvelables pour toutes les activités soit celles liées au transport, à l’industrie, à l’éclairage, au chauffage, etc. Il s’agit aussi d’éviter la surproduction et les consommations superflues pour mieux économiser l’énergie, et bénéficier d’une meilleure efficacité énergétique. Cette approche tend à s’imposer de plus en plus dans les politiques énergétiques mondiales.

Dans un autre registre, les hydrocarbures conventionnels et non conventionnels font partie intégrante du capital naturel du pays et ne doivent pas être perçus comme un "satisfecit" qui pourrait compromettre la transition vers des énergies plus durables, car ces ressources demeurent incontestablement un capital fragile et non durable. Ces ressources doivent plutôt servir comme un support lié au soutien de cette transition tout en tenant compte des impératifs environnementaux d’autant plus que la productivité des différents systèmes d’énergies renouvelables (solaire, éolien, valorisation énergétique des déchets) fait appel à d’importantes sommes, ce qui impose la nécessité de s’appuyer sur les revenus générés par les ressources conventionnelles.

Le bilan énergétique national de l’année 2013, publié par l’Autorité de Régulation des Hydrocarbures (ARH) relevant du ministère de l’Energie, confirme la tendance baissière en volume physique de la production d’énergie primaire de l’Algérie et fait ressortir que l’énergie disponible, somme de la production nationale, des importations et des stocks, a atteint 154,6 millions de Tonnes équivalent pétrole (TEP) en 2013, en baisse de 3,8% par rapport à 2012. La production commerciale d’énergie primaire a atteint 148,8 millions de Tonnes équivalent pétrole (TEP) soit en baisse de 3,9%, tirée par celle du gaz naturel et du pétrole brut. Ce déclin a concerné l’ensemble des produits énergétiques, à l’exception du gaz de pétrole liquéfié (GPL) qui est resté stable à 7,3 millions de Tonnes équivalent pétrole (TEP).

L’intégration massive du renouvelable dans le mix énergétique constitue, en ce sens, un enjeu majeur en vue de préserver les ressources fossiles, de diversifier les filières de production de l’électricité et de contribuer au développement durable. Toutes ces considérations justifient la forte intégration, dès aujourd’hui, des énergies renouvelables dans la stratégie d’offre énergétique à long terme, tout en accordant un rôle important aux économies d’énergie et à l’efficacité énergétique. Ce dernier volet permet, à travers une bonne maîtrise du rythme de croissance de la demande, une meilleure planification des investissements nécessaires à la satisfaction des besoins énergétiques.

Il est utile de préciser que le renouvelable (notamment l’éolien, le solaire et l’hydraulique) dans le mix énergétique mondial ne représente que 10% environ, alors que le pétrole représente aujourd’hui 32%, puis vient le charbon avec 27%, malgré son caractère polluant, suivi par le gaz qui approche les 25%, mais, lorsque l’on regarde les projections à long terme, le renouvelable va compter pour près de 20% en 2030.

Au niveau national, la consommation domestique de gaz est produite en grande partie par le thermique gaz (97% de l’électricité est produite à partir du gaz) ; en vue de réduire cette consommation, il faut impérativement développer de nouvelles technologies, instituer une nouvelle culture de consommation et réduire les coûts afin de pouvoir utiliser et exploiter cette ressource. Ceci devra également être accompagné par les économies d’énergie qui s’obtiennent par ce qui suit, notamment :
- La sobriété énergétique qui consiste à réduire sa consommation énergétique sans toucher essentiellement à l’existant soit, d’une manière plus simple, consommer moins pour le même confort ;
- L’efficacité énergétique ou l’efficience énergétique qui désigne l’état de fonctionnement d’un système pour lequel la consommation d’énergie est minimisée pour un service rendu identique ;
- L’amélioration des processus de production industriels.

Par ailleurs, et comme suggéré par ces promoteurs, les économies d’énergie doivent se faire dans les secteurs ci-dessous indiqués, notamment :
- Le secteur industriel : les mesures d’efficacité et de sobriété énergétique, indispensables dans le cadre de la transition énergétique, assurent d’importants potentiels de réduction de la consommation énergétique. Cependant, et afin de mener une transition énergétique globale, il faut également envisager des transformations et une modernisation profondes de l’ensemble de nos infrastructures.
- Le secteur du bâtiment : l’efficacité énergétique est rapidement devenue l’un des grands enjeux de notre époque et les bâtiments en sont une des composantes majeures. Ils consomment plus d’énergie que tout autre secteur. Sans mesures immédiates, des milliers de nouveaux bâtiments seront construits sans aucune considération pour l’efficacité énergétique et des millions de bâtiments existants consommant plus d’énergie que nécessaire seront toujours présents.
- Le secteur du Transport : il est l’un des plus grands potentiels d’action après les bâtiments. Les innovations technologiques permettront une évolution des comportements, engendrant de fait des gains en termes d’efficacité énergétique dans les transports. C’est un domaine qui connaît l’une des augmentations les plus rapides de la consommation d’énergie.

Le développement des énergies renouvelables en Algérie, qui revêt un intérêt particulier, devra inciter les pouvoirs publics à donner un nouvel essor à ce secteur en vue de les substituer aux énergies fossiles dont les ressources se font de plus en plus rares. Il est utile d’indiquer que pour la mise en œuvre et la concrétisation des plans et des objectifs arrêtés dans ce domaine, les pouvoirs publics ont procédé à l’adoption d’un cadre juridique favorable à leur promotion et à la réalisation d’infrastructures y afférentes, la création d’une multitude d’organismes œuvrant dans ce secteur ainsi que le lancement d’importants projets.

Constatant que le programme national de développement des énergies renouvelables n’avançait pas au rythme souhaité malgré le fait que l’Algérie considère ce programme comme étant un levier de développement économique et social, une version actualisée par les services du ministère de l’Energie a été élaborée et vient d’être adoptée en ce début d’année par le Gouvernement. En effet, l’intégration des énergies renouvelables dans le mix énergétique national constitue un enjeu majeur dans la perspective de préservation des ressources fossiles, de diversification des filières de production de l’électricité et de contribution au développement durable. A la faveur du programme de développement des énergies renouvelables 2011-2030 adopté par le Gouvernement en février 2011, les énergies renouvelables se placent au cœur des politiques énergétiques et économiques menées par l’Algérie.

Cet ambitieux programme, dont le solaire, essentiellement, prévoit la production de 22 000 mégawatts à l’horizon 2030, dont 12 000 mégawatts pour le marché intérieur, soit 37% des besoins en électricité. Il a connu une première phase consacrée à la réalisation de projets pilotes et de tests des différentes technologies disponibles, durant laquelle des éléments pertinents concernant les évolutions technologiques des filières considérées sont apparus sur la scène énergétique et c’est ce qui a conduit à sa révision. Parmi ces éléments nouveaux, il convient de citer :
- Une meilleure connaissance du potentiel national en énergies renouvelables, notamment pour le solaire et l’éolien, suite aux études engagées ;
- La baisse des coûts des filières photovoltaïque et éolienne qui s’affirment de plus en plus sur le marché pour constituer des filières viables à considérer ;
- Les coûts encore élevés de la filière du solaire thermique (CSP) induisant une croissance très lente du développement de ce marché à travers le monde ;
- Le parachèvement d’une réglementation nationale cohérente et attractive en direction des investisseurs.

La révision de ce programme porte ainsi, sur le développement du photovoltaïque et de l’éolien à grande échelle, sur l’introduction des filières de la biomasse (valorisation des déchets), de la cogénération et de la géothermie, et également sur le report, à 2021, du développement du solaire thermique (CSP).

Consciente de l’intérêt grandissant des énergies renouvelables et de leurs enjeux, l’Algérie aura à intégrer encore davantage le développement des énergies renouvelables dans sa politique énergétique, ce développement qui est certes encadré par un ensemble de textes législatifs, tel qu’indiqué ci-dessous, devra être continu et soutenu.
- La loi n°99-09 du 28 juillet 1999 relative à la maîtrise de l’énergie ;
- La loi n° 04-09 du 14 août 2004 relative à la promotion des énergies renouvelables dans le cadre du développement durable.

Pour ce faire, l’Agence Nationale pour la Promotion et la Rationalisation de l’Utilisation de l’Energie (APRUE), qui est un établissement public à caractère industriel et commercial, a été créée par décret présidentiel en 1985 et placée sous la tutelle du ministère de l’Energie. Elle a pour mission principale la mise en œuvre de la politique nationale de maîtrise de l’énergie, et ce à travers la promotion de l’efficacité énergétique. Dans le cadre de la loi n° 99- 09 du 28 juillet 1999 relative à la maîtrise de l’énergie, cette agence a pour principales missions :
- La coordination et l’animation de la politique nationale de maîtrise de l’énergie ;
- La mise en œuvre et le suivi du Programme National de Maîtrise de l’Energie (PNME) ;
- La sensibilisation et la diffusion de l’information sur la maîtrise de l’énergie en direction des différentes cibles (grand public, professionnels, milieu scolaire, etc.) ;
- Le montage de programmes et de projets sectoriels en partenariat avec les secteurs concernés (Industrie, Bâtiment, Transports, etc.).

Le Fonds National pour la Maîtrise de l’Énergie (FNME) est l’instrument public algérien spécifique d’incitation de la politique de maîtrise de l’énergie. Il a pour objet de contribuer à l’impulsion et au développement, à terme, d’un marché de la maîtrise de l’énergie. Les domaines éligibles au financement par ce fonds sont ci-dessous indiqués, notamment :
- L’encadrement réglementaire et institutionnel de la maîtrise de l’énergie ;
- La sensibilisation, éducation et formation en économie d’énergie ;
- La recherche et développement liés aux projets d’amélioration de l’efficacité énergétique ;
- Les études de définition et de mise en œuvre de stratégies nationales d’efficacité énergétique à long terme ;
- L’aide au financement d’opérations visant l’amélioration de l’efficacité énergétique et l’introduction de filières ou de technologies énergétiques nouvelles ;
- La prise en charge par les institutions concernées des actions d’animation et de coordination de la maîtrise de l’énergie.

Pour rappel, le programme national d’efficacité énergétique, émanant lui-même du programme national des énergies renouvelables et d’efficacité énergétique, a été adopté par le Conseil des ministres en février 2011 au même titre d’ailleurs que le programme national de développement des énergies renouvelables 2011-2030 ci-dessus cité, dont l’efficacité énergétique fait partie intégrante. Le programme national d’efficacité énergétique devra favoriser une utilisation plus responsable de l’énergie et explorer toutes les voies concourant à la préservation des ressources et la systématisation d’une consommation utile et optimale. La mise en œuvre de la première (1ère) tranche de ce programme national d’efficacité énergétique a été programmée durant la période "2011-2013" et concernait les volets suivants, notamment :
- L’isolation thermique des bâtiments ;
- Le développement du chauffe-eau solaire ;
- La généralisation de l’utilisation des lampes à basse consommation ;
- L’introduction de l’efficacité énergétique dans l’éclairage public ;
- L’aide à l’introduction de l’efficacité énergétique dans le secteur industriel et les établissements grands consommateurs d’énergie, par la réalisation d’audits et l’aide aux projets d’économie d’énergie ;
- L’augmentation de la part de marché du gaz de pétrole liquéfié (GPL) carburant et la promotion du gaz naturel carburant (GNC) ainsi que la conversion des centrales électriques au cycle combiné quand cela est possible ;
- La réalisation de projets pilotes de climatisation au solaire.

Selon l’Agence Nationale pour la Promotion et la Rationalisation de l’Utilisation de l’Energie (APRUE), le démarrage de la deuxième (2ème) tranche du programme national d’efficacité énergétique est imminent et s’articulera autour de trois (03) importants projets, à savoir : le bâtiment, l’industrie et le transport qui bénéficieront d’aides financières du Fonds National pour la Maîtrise de l’Energie "FNME" et ce, comme suit :
- L’isolation thermique des bâtiments : installation de 10 000 m2 de double vitrage dans les constructions existantes ;
- Le développement du chauffe-eau solaire : installation de 4.000 m2 de chauffe-eau solaire individuel (CESI) et de 3.000 m2 de chauffe-eau solaire collectif (CESC) ;
- La diffusion de un million (1.000.000) de lampes à basse consommation ;
- La substitution de 50.000 lampes à mercure par des lampes à sodium haute pression avec le remplacement des luminaires existants par des luminaires plus efficaces ainsi que l’installation des systèmes de gestion de l’éclairage public ;
- La réalisation de 20 études de faisabilité dans le cadre de l’aide à la décision ;
- La réalisation de 30 projets porteurs d’efficacité énergétique dans le cadre de l’aide à l’investissement ;
- La conversion de 20.000 véhicules particuliers au gaz de pétrole liquéfié (GPL) carburant ;
- La conversion de 2.000 véhicules de flottes captives au gaz de pétrole liquéfié (GPL) carburant ;
- L’acquisition de 20 bus au gaz naturel carburant (GNC).

Par ailleurs, la consistance du programme en énergies renouvelables à réaliser pour les besoins du marché national sur la période 2015-2030 est de 22.000 mégawatts dont plus de 4.500 mégawatts seront réalisés d’ici 2020. La réalisation de ce programme, dont les retombées seront très significatives en termes de création d’emplois, d’industrialisation, de développement technologique et d’acquisition de savoir-faire, permettra d’atteindre à l’horizon 2030 une part de renouvelables de près de 27% dans le bilan national de production d’électricité et épargnera l’utilisation d’un volume de gaz naturel d’environ 300 milliards de m3, soit un volume équivalant à huit (08) fois la consommation nationale de l’année 2014. Ce programme contribuera ainsi à la croissance et à la modernisation économique du pays ainsi qu’à la préservation de l’environnement.

La répartition du programme en énergies renouvelables par filière technologique, se présente comme suit :
- Solaire photovoltaïque : 13.575 mégawatts
- Eolien : 5.010 mégawatts
- Solaire thermique : 2.000 mégawatts
- Biomasse : 1.000 mégawatts
- Cogénération : 400 mégawatts
- Géothermie : 15 mégawatts

Il est utile de noter que la mise en œuvre de ce programme bénéficie de l’apport substantiel et multiforme de l’Etat qui intervient notamment à travers le Fonds National des Energies Renouvelables et Cogénération (FNERC), alimenté par un prélèvement de 1% de la redevance pétrolière et que sa réalisation est ouverte aux investisseurs du secteur public et privé nationaux et étrangers et ce, conformément à la règlementation en vigueur.

Aussi, c’est dans le cadre de l’intégration du renouvelable dans le mix énergétique national que le projet "Desertec" en Algérie, entre la Société Nationale d’Electricité et de Gaz (Sonelgaz) et l’entreprise allemande Desertec initiative (Desertec Industrial Initiative DII), considéré comme un levier de développement économique et social, a vu la signature d’un mémorandum d’entente en date du 9 décembre 2011, mais à ce jour non encore démarré.

Cependant, il y a quelque temps, M. le Premier ministre a préconisé à l’Union européenne la relance du projet "Desertec" et ce, durant la conférence de presse animée conjointement avec son homologue portugais en déclarant qu’il est possible de produire une énergie solaire en Algérie et de la commercialiser en Europe. Cette déclaration s’inscrit dans le sillage de la nécessité de diversification des sources d’approvisionnement énergétique du pays en partant du fait que l’Algérie possède un gigantesque réservoir d’énergie solaire qui est l’un des plus importants au monde. Selon certains organismes spécialisés, le temps d’insolation sur le territoire algérien dépasse les 2.500 heures par an et peut atteindre jusqu’à 3.900 heures par an, ce qui amène le potentiel solaire algérien autour de 37 milliards de m3, soit l’équivalent de dix (10) grands gisements de gaz naturel.

La chute importante du prix du baril de pétrole conjuguée à la baisse des exportations des hydrocarbures et la consommation en gaz et en électricité qui connaît un rythme de croissance annuel de plus en plus élevé sont en train de générer une situation complexe aujourd’hui, qui risque, si l’on n’y prend pas garde, de devenir à moyen et long terme carrément irréversible. Ce qui complique encore davantage cette situation est le fait que les perspectives d’une reprise de la croissance mondiale restent bouchées. En effet, l’Organisation de Coopération et de Développement Economiques (OCDE) a publié, récemment, des prévisions pour l’années 2015 qui montrent qu’une franche reprise ne sera pas au rendez-vous en Europe et dans les grands pays émergents, comme la Chine et le Brésil. Pour cela, il faudra apporter, comme indiqué tout au long de ce document, les solutions idoines pour y remédier. En effet, à moins de 100 Dollars US le baril du pétrole, plusieurs pays parmi les douze (12) états membres de l’Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole (OPEP), notamment les plus peuplés, ne parviendront pas à faire face à leurs dépenses budgétaires, qu’il s’agisse des subventions à l’énergie ou des mesures sociales en faveur de l’emploi, du logement ou de l’éducation.

Pour ce qui est du phénomène de gaspillage, tel qu’indiqué plus haut, il est malheureusement vécu au quotidien comme peuvent le révéler les indicateurs de performance en matière d’efficacité énergétique. En effet, pour l’Algérie, l’intensité énergétique ou la consommation énergétique totale par unité de PIB, qui est le rapport entre la consommation d’énergie primaire et le Produit Intérieur Brut (PIB) mesuré en dollars US constants en parité de pouvoir d’achat, est de l’ordre de 0,176 en Tonnes Equivalent Pétrole (TEP) par milliers de dollars US constants tels que publiés par le World Resources Institute, plus élevé que celui de l’Argentine (0,138), de l’Italie (0,123) et du Japon (0,130) ce qui veut signifier que nous consommons plus d’énergie pour produire la même quantité de biens. Ce qui reste à notre sens alarmant est le fait que cette indice ne fait que se dégrader ces dernières années.

L’Algérie devra donc accélérer la dynamique d’énergie verte en mettant en œuvre le programme ambitieux de développement des énergies renouvelables et d’efficacité énergétique. Cette vision devra s’appuyer sur une stratégie axée sur la mise en valeur des ressources inépuisables comme le solaire et leur utilisation pour diversifier les sources d’énergie et préparer l’Algérie de demain. Grâce à la combinaison des initiatives et des intelligences, l’Algérie est en mesure de s’engager dans une nouvelle ère énergétique durable à travers un modèle énergétique prenant en compte les profondes mutations du marché énergétique mondial et devra impérativement accélérer sa transition énergétique vers le développement durable dont l’amorçage ne doit en aucun cas être retardé pour plus tard.

La maîtrise de l’énergie, quant à elle, est indissociable du développement des énergies renouvelables, elle constitue non seulement une étape obligatoire sur le chemin de l’indépendance énergétique et de la réduction de consommation des énergies fossiles mais aussi un objectif primordial pour l’avenir. La satisfaction des besoins énergétiques nécessite des progrès dans les domaines de la production et de l’utilisation rationnelle de l’énergie.

Par ailleurs, la transition énergétique devra reposer sur la mise en œuvre d’une stratégie de maîtrise de l’énergie sur la base de l’utilisation rationnelle de l’énergie et le développement des énergies renouve-lables. Cette stratégie s’impose pour relever les défis énergétiques, économiques et sociaux en Algérie. Elle devra se décliner selon des principes directeurs qui en constituent les fondements et une vision à long terme du système énergétique, avec des objectifs à la fois ambitieux et réalistes. L’objectif global de cette stratégie est d’assurer au pays un avenir énergétique durable par le renforcement de la maîtrise de la demande d’énergie et le développement des énergies renouvelables. Il est alors important d’enclencher un processus de transition serein qui devra agir sur la gouvernance des ressources du pays par la mise en place des investissements y afférents, la modification des standards de production et, surtout et impérativement, par le changement des modes de consommation. Ce processus de transition nécessitera un capital humain capable d’opérer des transformations fondamentales en y associant le secteur privé ainsi que l’engagement des pouvoirs publics tant pour la régulation que pour l’investissement qui reste un facteur important et décisif.

Aussi, il est aujourd’hui plus que nécessaire de procéder à la rationalisation de la consommation énergétique, d’assurer une relève graduelle par les énergies renouvelables et de lutter contre le gaspillage excessif qui représente un gisement perdu d’au moins 25%. Ceci ne serait possible qu’avec la mise en place d’une règlementation stricte et rigoureuse qui privilégierait la consommation des produits les plus disponibles localement et à promouvoir les énergies renouvelables autant que possible.

Ainsi, les économies d’énergies sont une nécessité absolue et, avec le développement des énergies renouvelables, elles permettent la rationalisation de l’utilisation de l’énergie, ce qui constitue un levier incontournable en faveur d’une politique énergétique durable. Aussi, la cogénération qui est basée sur le principe de la production simultanée de chaleur et d’électricité, peut être l’un des procédés qui pourrait représenter une opportunité majeure pour l’utilisation des énergies renouvelables et serait une des techniques les plus efficaces énergétiquement. Elle permet ainsi de faire d’importantes économies d’énergie, notamment au niveau du secteur industriel, tout en œuvrant durablement dans le domaine de l’efficacité énergétique. Pour l’Algérie, ce sont les économies d’énergie qui feront la plus grande réserve de gaz et de pétrole, sachant qu’ils pourraient aller jusqu’à 15% et 20% et doivent inciter les pouvoirs publics à s’y pencher en vue de dégager un modèle de consommation énergétique dont les axes doivent être définis par le Conseil National de l’Energie (CNE).

Aussi, les campagnes d’information et de sensibilisation sur la rationalisation de la consommation électrique qui ont été réalisées et lancées par l’Agence Nationale pour la Promotion et la Rationalisation de l’Utilisation de l’Energie (APRUE) en direction du grand public, en collaboration avec le ministère de l’Energie, la Commission de régulation de l’électricité et du gaz (CREG) et la Société Sonelgaz et l’Opérateur système, devront être poursuivies pour permettre la sécurisation de l’alimentation en énergie électrique du pays. Ne dit-on pas que "L’énergie la moins chère est celle qu’on ne consomme pas" ?

Henni Mekki, Expert en Management général et industriel, Ancien Cadre dirigeant de Sonatrach, pour Le Quotidien d’Oran

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