Nouveau programme national sur l’efficacité énergétique (2016-2030)

Mardi 24 février 2015

L’efficacité énergétique est appelée à jouer un rôle important dans le contexte énergétique national, caractérisé par une forte croissance de la consommation tirée, notamment, par le secteur domestique avec la construction de nouveaux logements, la réalisation d’infrastructures d’utilité publique et la relance de l’industrie.

L’adoption par le gouvernement du programme national sur l’efficacité énergétique à l’horizon 2030, réaffirme cette dernière comme priorité. La réalisation de ce programme par une diversité d’actions et de projets, devrait favoriser l’émergence, à terme, d’un marché durable de l’efficacité énergétique en Algérie.

Les retombées économiques et sociales de l’intégration de la dimension efficacité énergétique dans les différents secteurs d’activité sont multiples. Cette intégration permet d’améliorer le cadre de vie du citoyen mais constitue, également, une réponse appropriée au défi de conservation de l’énergie avec ses implications bénéfiques sur l’économie nationale, en termes de création d’emplois et de richesse, en plus de la préservation de l’environnement.

Le programme se focalise sur les secteurs de consommation qui ont un impact significatif sur la demande d’énergie. Il s’agit principalement du bâtiment du transport et de l’industrie.

Pour le secteur du bâtiment

Le programme vise à encourager la mise en œuvre de pratiques et de technologies innovantes, autour de l’isolation thermique des constructions. Des mesures adéquates seront prévues au niveau de la phase de conception architecturale des logements.

Il s’agit également de favoriser la pénétration massive des équipements et appareils performants sur le marché local, notamment les chauffe-eau solaires et les lampes économiques : l’objectif étant d’améliorer le confort intérieur des logements en utilisant moins d’énergie.

La mise en place d’une industrie locale des isolants thermiques et des équipements et appareils performants (chauffe-eau solaires ; lampes économiques) constitue l’un des atouts pour le développement de l’efficacité énergétique dans ce secteur.

Globalement, c’est plus de 30 millions de TEP qui seront économisées, d’ici 2030.

Pour le secteur des transports

Le programme vise à promouvoir les carburants les plus disponibles et les moins polluants, en l’occurrence, le GPLc et le GNc : l’objectif étant d’enrichir la structure de l’offre des carburants et de contribuer à réduire la part du gasoil, en plus des retombées bénéfiques sur la santé et l’environnement. Ceci se traduirait par une économie, d’ici 2030, de plus de 15 millions de TEP.

Pour le secteur de l’industrie

Le programme vise à amener les industriels à plus de sobriété dans leurs consommations énergétiques. En effet, l’industrie représente un enjeu pour la maîtrise de l’énergie du fait que sa consommation énergétique est appelée à s’accroître à la faveur de la relance de ce secteur. Pour ce secteur, c’est plus de 34 millions de TEP qui seront économisées.

En résumé, la concrétisation sur le terrain du programme national d’efficacité énergétique permettra de réduire graduellement la croissance de la demande énergétique. Ainsi, les économies d’énergie cumulées engrangées seraient de l’ordre de 93 millions de TEP, dont 63 millions de TEP d’ici 2030 et le reste au-delà de cet horizon.

C’est dire toute l’importance que revêt ce programme d’économies d’énergie qui implique la concrétisation d’un certain nombre de mesures, notamment, l’implication des parties concernées dont l’industrie publique et privée et l’adaptation du cadre du cadre juridique régissant l’efficacité énergétique.


Le nouveau programme national d’efficacité énergétique (PNEE) sera lancé en 2016 avec comme objectif l’isolation thermique de 100.000 logements/an, la diffusion de 10 millions lampes a basse consommation et la conversion de 1,3 million de véhicules au GPL a l’horizon 2030.

Ce programme vise essentiellement a réduire graduellement la forte croissance de la consommation d’énergie et a donner de la visibilité aux investisseurs potentiels dans le domaine de la production énergétique.

D’un montant de 900 Milliards de DA dont 54% assurés par l’Etat, les projets du PNEE permettront a l’Algérie d’économiser 93 Millions de TEP, d’éviter l’émission de 200 Millions de Tonnes équivalents de CO2 et de créer pres de 180.000 postes d’emploi d’ici 2030.

Dans le secteur de bâtiment, le programme prévoit l’isolation thermique de 100.000 logements annuellement (mur, toiture, double vitrage), permettant une économie d’énergie de 25 Millions TEP sur 30 ans (durée de vie d’un logement).

L’Etat assurera 80% des couts d’isolation, ce plan permettra non seulement de contribuer a la généralisation des bonnes pratiques dans la conception architecturale de l’habitat mais aussi de développer une industrie locale des isolants et de promouvoir la création de bureaux d’architectures spécialisés en efficacité énergétique.

Dans le domaine de l’éclairage, l’objectif est de diffuser 10 millions de lampes a basse consommation/an. En parallele, il sera interdit d’importer les lampes a incandescence a partir de 2016 alors que l’interdiction totale de la commercialisation de ce type de lampes est prévue pour 2020.

L’Etat prendra en charge 50% du prix des lampes économiques qui pourront économiser d’ici 2030 pres de 19,5 millions de TEP. Il est également prévu d’installer 100.000 chauffe-eau solaires annuellement avec un apport de l’Etat fixé a 45% du prix de référence de l’installation.

Pres de 2,4 millions de TEP a l’horizon 2030 seront économisés grâce a ces équipements, a prédit le directeur, en relevant la nécessité de développer une industrie locale de production de chauffe-eau solaires pour réussir cet objectif.

Concernant l’éclairage public, le PNEE vise la substitution de 1,1 million de lampes a mercure, représentant actuellement la totalité du parc national,par des lampes au sodium, plus efficaces, sur une période de trois ans.

Les lampes a mercure seront interdites a partir de 2018, a indiqué le meme responsable expliquant que l’Etat financera a 100% l’achat de nouvelles lampes au sodium qui permettront une économie d’énergie d’un (1) million de TEP.

Dans le secteur des transports, il est prévu de convertir 50.000 véhicules particuliers au GPL carburant entre 2016 et 2020, et 70.000 véhicules pour la période 2021-2025, et 100.000 véhicules pour 2026-2030, soit un total de 1,3 million de véhicules, avec un apport de l’Etat de 50% des couts.

En outre, 11.000 bus devraient etre convertis au gaz naturel carburant (GNC), l’Etat assurant 100% des coûts, d’apres les données de l’Aprue. S’étalant sur 15 années, ce programme constitue véritablement une opportunité pour développer a grande échelle l’efficacité énergétique en Algérie, notant, toutefois, que sa réussite sur le terrain nécessite l’implication effective de l’ensemble des secteurs et aussi des médias et des bailleurs de fonds notamment.

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