La problématique du traitement des eaux usées à l’ordre du jour

Jeudi 21 novembre 2013

L’unité de développement des équipements solaires (UDES) de Bou Ismail (Tipasa) du Centre de Développement des Energies Renouvleables (CDER) a organisé, sous le direction de Mme Kasbadji Merzouk Nachida - universitaire et scientifique dynamique - le 3e waterbiotech workshop, une rencontre de 2 jours sous le thème "Application des biotechnologies pour le traitement des eaux".

En plus des chercheurs algériens, leurs homologues venus d’Italie, d’Allemagne, d’Espagne, du Maroc, de Tunisie se sont relayés pour animer des conférences liées aux résultats de leurs travaux de recherches respectifs inhérents au thème de ce colloque. Les représentants du ministère des Ressources en eau, de Seaal et des opérateurs économiques assistaient à ce rendez-vous. Les techniques diffèrent d’un continent à un autre, car aujourd’hui, non seulement il est question du coût de l’installation et l’entretien d’une STEP, mais également de la qualité des eaux traitées et des climats.

Lors des débats, les différentes étapes que devait traverser l’eau usée, depuis le traitement préliminaire, le traitement primaire, le traitement secondaire, le traitement tertiaire, le traitement avancé, la réutilisation de l’eau épurée et la boue avaient fait l’objet des interventions des scientifiques. Les aspects relatifs à l’utilisation des technologies moins coûteuses dans le traitement des eaux polluées ; la vulgarisation des technologies de traitement des eaux usées plus adaptées aux espaces et au climat en Algérie ; l’utilisation rationnelle et intelligente des eaux épurées ; la protection de l’environnement marin ; la rentabilisation de l’eau épurée et les boues ; le système hybride de traitement des eaux usées ; l’analyse systématique en amont et en aval de toutes les eaux produites par les STEP avant leur réutilisation ou leur rejet vers la mer ; la revalorisation des déchets qui résultent de tous les traitements des eaux au niveau des STEP sont autant de sujets abordés qui n’avaient pas laissé indifférents les universitaires durant ce colloque à l’UDES qui, faut-il le souligner, constitue un forum très fertile en idées utiles pour le développement économique du pays à travers l’utilisation des énergies renouvelables.

L’expérience des techniques de traitement des eaux usées toujours en cours dans un bassin à K’Sar Temassine (Ouargla) est l’unique cas qui existe en Algérie. Ce projet avait été initié et lancé grâce à la collaboration des américains qui résident dans le sud. Les résultats de ce projet de traitement biologique des eaux usées au sud du pays sont très satisfaisants. L’UDES a lancé des programmes de recherches sur les plantes et les roseaux qui filtrent les eaux usées au niveau de cette station de traitement de K’Sar Témassine, afin de déterminer l’efficacité de chacune de ces 900 variétés de plantes sur la qualité des eaux après les traitements biologiques, pour une éventuelle utilisation dans les marais artificiels. L’incinération des boues produites par les STEP pollue l’atmosphère, une idée qui n’est pas recommandée par les scientifiques.

La revalorisation de ces boues en produisant du gaz méthane en mesure de générer de l’énergie électrique est préconisée par les chercheurs de l’UDES de Bou Ismail. Les STEP en Espagne sont une référence pour des chercheurs algériens, car leurs technologies en matière de traitement de l’eau et les déchets sont très avancées. La problématique des rejets des eaux industrielles fait l’objet d’intenses recherches, car le traitement des eaux domestiques diffère de celui des eaux industrielles qui sont chargées de métaux. L’eau traitée au niveau des STEP n’est pas destinée à irriguer toutes les terres agricoles, bien qu’il existe des cultures qui ne sont pas restrictives, telle que l’arboriculture, selon les spécialistes.

La représentante du département du ministère des ressources en eau a évoqué la stratégie à long terme des pouvoirs publics en matière de traitement des eaux polluées. Le programme du waterbiotech worshop est une proposition issue d’un laboratoire allemand de recherches qui avait proposé à l’Union européenne le financement de ce programme qui réunit les européens avec plusieurs pays africains, afin d’utiliser les technologies de traitement des différentes eaux polluées, selon la disponibilité des moyens financiers, des espaces, des climats et de leurs ressources humaines.

M’hamed Houaoura, El Watan

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