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Lutte contre le coronavirus : comment l’université et la recherche scientifique se mobilisent en Algérie

Dans la foulée de la pandémie du coronavirus, vous avez annoncé la conception d’un prototype de respirateur. Comment vous est venue l’idée ?

Professeur Salaouatchi Hichem* : Depuis le début de la pandémie, la direction générale de la Recherche scientifique et du développement technlogique (DGRSDT) a tracé une stratégie pour lutter contre le virus de manière préventive et thérapeutique. C’est pour cela que la direction de la recherche scientifique, en collaboration avec ses agences thématiques de recherches à l’instar de l’agence thématique de recherche en sciences technologiques (ATRST), l’agence thématique de recherche en sciences de la santé ont sollicité les chercheurs et les scientifiques pour les mettre à contribution dans la recherche de solutions en rapport avec la pandémie. C’est dans cette optique que l’ATRST en collaboration avec la DGRSDT ont lancé deux appels à compétence nationale pour la réflexion autour de la fabrication d’un prototype de respirateur artificiel et pour la production de molécule de Chloroquine.

L’ATRST a élaboré une plateforme nationale qui permettra à tous les chercheurs dans le domaine de la santé qu’ils soient médecins, biologistes ou microbiologistes, statisticiens et spécialistes en bio-informatique de formuler des propositions à propos de la lutte contre le virus du corona. Cette mobilisation nous a permis de tracer une stratégie nationale de lutte contre le coronavirus.

S’agissant précisément de l’initiative de la conception du respirateur, elle est liée à l’évolution de l’infection par le coronavirus Covid-19 chez les citoyens atteints. En effet, ces patients peuvent présenter à terme des signes respiratoires dont une insuffisance respiratoire qui requiert des respirateurs.

Comment allez-vous fabriquer ce respirateur ?

Depuis notre annonce, il y a trois laboratoires de notre centre de recherche qui se sont lancés dans la fabrication d’un prototype de respirateur artificiel. Il s’agit du centre de développement technologique avancé (CDTA), du centre de recherches en technologie industrielle (CRTI) et d’une unité de recherche du centre de recherche pour le développement des énergies renouvelables (CDER).

Il faut savoir que la fabrication d’un respirateur artificiel passe par des étapes obligatoires : il y a une partie mécanique, une autre électronique et il y a aussi un aspect des plus prépondérants qui concerne l’homologation et la certification de la qualité. Car, il y a un standard de certification internationale qu’il faudra respecter impérativement. Et pour cause, un respirateur est un prototype certes, mais un produit destiné à accompagner des malades en détresse respiratoire, ce qui sous-entend que sa conception doit être in fine bien accomplie et certifiée avec respect de l’ensemble des normes de sécurité pur prétendre sauver des vies humaines. Concrètement parlant sachez qu’un brevet de fabrication d’un prototype de respirateur artificiel utilisé en Europe a été mis à la disposition de tout laboratoire désireux de se lancer dans ce genre de projets par une société néerlandaise, Metronic.

Quel est le degré d’avancement de la conception du respirateur artificiel ?

Il y a déjà les premiers tests au niveau du laboratoire. Nous avons aussi développé la partie mécanique. Nous sommes actuellement en train de développer la partie électronique.

Hormis la conception du respirateur, quelles sont vos autres initiatives dans le cadre de la lutte contre le coronavirus ?

Nos laboratoires de recherche universitaires ont produit du gel hydroalcoolique dans l’ensemble des universités à l’échelle nationale. Je peux vous citer à titre d’exemple les universités d’Alger I, de Bab Ezzouar, celle de Tizi Ouzou, celle de Chlef, El Oued et d’Ouargla. Ces gels hydroalcooliques sont produits selon les normes exactes de l’OMS. Ils contiennent un taux d’éthanol de 80%.

Aussi, nos laboratoires de recherches ont développé des masques à type de vitres de protection visage. Ces masques sont destinés au personnel de santé, aux services de la police et à la protection civile.

Nous avons aussi développé des bavettes par la technique des 3D, des cabines de désinfection et des stérilisateurs. À propos des cabines de désinfection, nous nous sommes entendus avec le groupe Elec El Djazair pour fabriquer le premier prototype industriel afin de le lancer dans la chaîne de valeur de la production. Ce sont des cabines de désinfection aux ultraviolets et à l’isopropanol. Ceux qui sont sur ce projet sont le centre de recherche et développement des énergies renouvelable et le Centre de recherche des technologies industrielles (CRTI). L’université de Sidi Bel Abbes dispose d’un laboratoire d’application électronique pour la conception de stérilisateurs destinés pour une stérilisation des chambres de malades et des ambulances.

Des observateurs estiment que l’université a été en retrait de la lutte contre le Coronavirus. Qu’en pensez-vous ?

Sur le plan de la prévention, la recherche universitaire a réagi par la fabrication des gels hydroalcooliques, des masques, des bavettes par la technique 3D et les stérilisateurs. Sur le plan du dépistage, il y a 6 laboratoires de recherche universitaires qui sont en passe de leur faire. Le laboratoire de recherche de Tizi Ouzou a déjà commencé à faire le dépistage en attendant sa généralisation dans plusieurs laboratoires de recherche universitaires.


*Directeur du développement technologique et de l’innovation à la Direction générale de la recherche scientifique au ministère de l’Enseignement supérieur.

TSA 

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